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La tempête a laissé place à un théâtre de désolation

 L’ouest du Cher a été touché par un violent orage lundi 19 juin 2023 entre 15 h et 16 h. Arbres tombés, toitures envolées, cultures dévastées, vignes détruites de très gros dégâts ont été recensés. 

Il s’en est fallu de peu en ce début de semaine, le gros temps a épargné le département de l’Indre. C’est dans des communes riveraines du Cher qu’il a sévi. « C’est incroyable un orage aussi intense en 3 ou 4 minutes ! Le ciel a viré au noir, au jaune, à l’orange. Un moment on ne voyait plus rien, instantanément, la tornade de grêle a tout balayé  sur son passage », racontent les habitants qui ont vécu le violent orage de grêle lundi après-midi. Bâtis et cultures, sur la trajectoire d’Allouis à Ste-Thorette, en passant par Mehun-sur-Yèvre et Preuilly et jusqu’à Plou, ont véritablement souffert en certains endroits.  Des rafales de vent jusqu’ à 200 km/h, suivies de pluie et de grêle, ont sectionné des arbres, emporté des toitures (80 % du bâti à Preuilly a subi des dégâts), inondé des maisons, haché des cultures et des vignes. 45 à 50 mm sont tombés en un quart d’heure sur ces secteurs.  

CULTURES ET VIGNES DÉTRUITES

Sébastien Delaporte, exploitant agricole, en grandes cultures et en bovins allaitants, à Allouis n’en revient toujours pas au lendemain de la tempête. « Je suis dégoûté, résume-t-il. Installé depuis 2009 je n’ai jamais vu ça, ni mon père avant moi ». Outre des dégâts de grêlons sur bâtiments (des gouttières arrachées, des tôles perforées) sur une dizaine de kilomètres, il estime avoir perdu 100 % de ses récoltes qui « se présentaient bien », selon lui. Il avait commencé à récolter ses orges d’hiver « le reste est foutu ! ». Dépité, il poursuit sur l’état des autres cultures : « Le colza est haché, pour les orges de printemps, il ne reste que les tiges et des grains au sol, les blés sont couchés, les tournesols et les maïs sont extrêmement impactés ».  Même les animaux ont été apeurés, « j’ai vu revenir un petit veau de 4 jours ce matin (ndlr mardi matin) », se réconforte-t-il. Malheureusement, pour la première année, il s’est moins bien assuré contre la grêle, il est deux fois plus écœuré. Après le passage des experts, il ne sait ce qu’il va faire : « broyer ou faucher ? »

UN SPECTACLE AFFLIGEANT

Benoit Martin, agriculteur en bio à Preuilly, est aussi démoralisé. « Blé, orge, tournesol… je ne vais rien récolter ! Rien n’est épargné par la violence des vents et la grêle, se désole-t-il. Je réfléchis peut-être à enfouir certaines parcelles pour ressemer du tournesol ou du sarrasin ».  Jean-Marc Ségui, agriculteur à Plou, en fait également les frais. « C’est arrivé rapidement », souligne-t-il. Le vent, la tempête, la grêle ont causé de gros dégâts dans les cultures « mes 53 ha de colza se sont retrouvés parterre en peu de temps », avertit-il, idem pour les céréales couchées. Il a perdu 80 ha d’orges d’hiver, stockées, qu’il venait de moissonner deux jours avant . « La porte du bâtiment photovoltaïque a été soulevée et arrachée par la tempête, la flotte s’est réfugiée à l’intérieur où j’avais mon orge. » Un spectacle affligeant.  L’agriculteur de Plou n’avait pas connu de dégâts d’une telle ampleur depuis longtemps. Aujourd’hui il se résigne :« nous devons peut-être nous attendre à de tels épisodes plus fréquents dans les années qui viennent ». Les vignes de l’AOC Quincy n’ont pas été impactées à l’inverse de certaines parcelles de l’AOC Reuilly, qui se trouvent à Preuilly.  20 % du vignoble, soit 60 ha, sont saccagés. Les vignes sont anéanties, elles appartenaient à un seul vigneron. « C’est consternant ! », observe Hélène Mardon, co-présidente du syndicat viticole de Quincy qui s’est rendue sur place en soutien à ses collègues de l’appellation Reuilly. Les vignes sont hachées, les feuilles jaunies et les bois cassants. Les deux années à venir vont être compliquées pour la taille et pour les rendements. Le ministre de l’Agriculture était attendu mercredi après-midi sur place.

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