PSICICULTURE - AQUACULTURE
Un Cap pour développer la filière
Avec un objectif de limiter la déprise de l’activité piscicole et aquacole sur le territoire, le second Cap filière piscicole de la région Centre-Val de Loire entré en vigueur en juillet 2025 a été officiellement signé le mardi 20 octobre, à Rosnay. Décryptage du plan de soutien.
Avec un objectif de limiter la déprise de l’activité piscicole et aquacole sur le territoire, le second Cap filière piscicole de la région Centre-Val de Loire entré en vigueur en juillet 2025 a été officiellement signé le mardi 20 octobre, à Rosnay. Décryptage du plan de soutien.
En Brenne, comme en Touraine et en Sologne, les gestes maintes et maintes fois répétés lors des pêches d’étang sont l’héritage direct d’une tradition séculaire. Cependant, pour survivre, se relancer, se dynamiser et installer des jeunes, la filière a besoin d’un coup de main. C’est en ce sens qu’a été réfléchi le Cap filière pisciculture d’étang et aquaculture 2025-2029.
« Ce plan d’accompagnement a été coconstruit avec les acteurs du territoire, avec ceux qui vivent de cette activité. Il est ainsi pensé pour coller pleinement aux besoins de la profession », expose François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, après avoir partagé une pêche d’étang avec les acteurs locaux et représentants de la filière. Un Cap agencé pour le territoire, c’est-à-dire qu’il prend en compte non seulement la pisciculture d’étang, mais également la salmoniculture, l’aquaponie, l’algoculture, ainsi que les autres systèmes de production émergents comme la crevette d’eau douce.
Tirer les enseignements du premier Cap filière
Le Cap filière première génération a mis en évidence le potentiel de la filière, mais également ses fragilités telles qu’une structuration encore insuffisante, une visibilité limitée, l’avènement des espèces invasives et une prédation en croissance, sans oublier les contraintes réglementaires et sanitaires.
« À cette époque, la moyenne d’âge des acteurs de la filière était plus près des 55-60 ans que des 20 ans », souligne Joël Deloche, président du Syndicat des exploitants piscicoles de Brenne (SEPB). Grâce au premier Cap filière, quatre jeunes se sont installés reprenant le flambeau de certaines structures ou en créant leur exploitation piscicole. « Ces installations ont apporté du dynamisme à la filière, il faut que cela se poursuive avec le Cap filière seconde génération », continue-t-il.
Renouvellement des générations et des équipements
« Nous sommes partis du bilan du précédent Cap filière et des enjeux que nous devons relever pour asseoir notre modèle économique et pour faire face au changement climatique », poursuit Joël Deloche. Après les canicules et la sécheresse de cet été, l’adaptation est plus que nécessaire. Une des pistes avancées serait l’introduction de nouvelles variétés de poissons plus résistantes aux conditions extrêmes, tout en préservant l’écosystème actuel et en accentuant la gestion de la ressource en eau.
Pour répondre à ces enjeux, le Cap filière seconde génération se décline en trois axes. L’un des volets consiste à favoriser et accompagner la filière, en soutenant notamment les investissements pour la production aquacole. La Région finance à hauteur de 30 % les projets d’investissement et modernisation des exploitations. Des bonifications cumulables pouvant atteindre 50 % sont accessibles pour les jeunes agriculteurs, « il était important pour nous de les soutenir car étant une filière un peu à part, nos jeunes installés n’ont pas accès à la Dotation Jeunes agriculteurs », déplorent les représentants régionaux de la filière, mais également pour les projets en agriculture biologique et les projets de lutte contre les espèces invasives.
Pour l’ensemble des dossiers, le matériel d’occasion n’est pas éligible aux aides, sauf dans le cadre d’une cession-installation. Une exploitation a la possibilité d’être accompagnée par le Cap filière deux fois sur la durée du Cap : une fois pour un projet inférieur à 12 500 € et une fois pour un projet supérieur à 12 500 €.
Chercher de nouveaux débouchés
Un second volet est axé sur l’animation et la structuration de la filière, en favorisant la coopération entre les acteurs, assurer le renouvellement des générations et développer la rentabilité de la filière. Et le dernier volet se focalise sur les débouchés et la promotion des produits issus de pisciculture et aquaculture. « Hormis en Brenne, peu de nos consommateurs connaissent nos produits, leur qualité, leur accessibilité. Il y a un réel enjeu commercial », soulignent les professionnels de la filière.
Le programme est d’améliorer la visibilité de l’aquaculture régionale en accentuant la communication, en sensibilisant les consommateurs et en structurant les marchés « pour initier une filière de consommation de poissons régionaux », insistent-ils. D’ailleurs, au sein du Parc de la Brenne, une réflexion est en cours pour intégrer le poisson produit localement dans le menu des cantines, avec des recettes adaptées à la restauration collective. ■
Tricotage financier du Cap filière
Sur un budget de 1 089 565 €, pour 25 actions, 400 020 € sont cofinancés par le Conseil régional. Montant réparti à hauteur de 99 375 € pour le fonctionnement et la mise en place des actions, et 300 645 € destinés aux investissements productifs.