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Pisciculture
COUP DE CHAUD SUR LES ÉTANGS DE BRENNE

Les pisciculteurs de Brenne subissent de plein fouet l'absence de précipitations et les fortes chaleurs de ces dernières semaines. Un phénomène qui risque de réduire considérablement la production de 2019.

Julien DarreJulien Darreau prédit une baisse de production de l'ordre de 50 % par rapport à la normale.

La pêche d'étang est ins-crite dans le patrimoine de la Brenne. Deuxième région piscicole de France, près de 800 tonnes de pois-sons sont péchées chaque année. La filière s'est organi-sée afin de valoriser ce produit, symbole de la région. Les 7  pisciculteurs professionnels du secteur continuent de faire perdurer cette activité à la fois économique mais aussi patrimoniale. A la pisciculture Couturier à Bénavant, Julien Darreau est la quatrième génération de pisciculteurs. Un métier qui reste soumis à de nombreuses contraintes. « Nous avons deux activités, le négoce de poissons et la pisciculture. Nous achetons des poissons pour la transformation, essentiellement des carpes (50 % du total) et nous élevons des poissons de différentes espèces, destinés au rempoissonnement ou au commerce. C'est une activité à temps plein, car beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte pour pouvoir assurer une rentabilité à l'exploitation. »Climat, qualité de l'eau, gestion des milieux et des res-sources, ces problématiques sont au cœur du métier de pisciculteur.

LA QUALITÉ DE L'EAU ET DU SOL, GAGE DE RENDEMENT

Tous les étangs n'ont pas des rendements équivalents en tonnage de poissons. Des analyses régulières sont menées afin de connaitre la teneur des éléments chimiques présents dans l'eau pour pouvoir améliorer sa qualité. « Nous travaillons sur une superficie de 1 500 ha, indique le pisciculteur, ce qui représente 150  étangs. Nous les louons pour un tiers d'entre eux ; pour les autres ce sont les propriétaires qui font appel à nos services. Nous pêchons en moyenne 300 tonnes de poissons par an, mais nous avons des résultats très variables selon les secteurs. Par exemple, nous pouvons atteindre les 450 à 500 kg/ha sur Lingé et descendre à 100 kg/ha à Migné (la moyenne en Brenne est de 150 kg/ha). L'acidité de l'eau ou ses taux de calcium et d'azote influent sur les conditions de vie des poissons et sur leur développement. Nous sommes obligés de réaliser les apports nécessaires pour protéger notre production. »

ANNÉE 2019 TRÈS DIFFICILE

En cette année 2019, un autre phénomène naturel est venu entacher la bonne marche de la pisciculture de Brenne. La sècheresse que subit le département affecte très fortement le secteur de la pêche. La hausse des températures de l'eau et la baisse des niveaux dans les étangs ont entrainé une très forte mortalité des populations de poissons. Des premières pêches de sauvetage ont été organisées, mais la prochaine saison risque d'être très fortement impactée. « Le niveau d'eau a baissé d'un mètre à 1,20 m. C'est la première fois que l'on voit ça ! Déjà après la première canicule fin juin début juillet, la majorité des carnassiers n'avait pas résisté à l'élévation de la température de l'eau. Après cette seconde vague de chaleur, nous commençons à avoir des pertes en poissons blancs. Nous essayons de les déplacer dans des étangs où le milieu est plus favorable, mais d'ores et déjà, nous savons que nous allons avoir une baisse de 50 % de la production normale. »Malgré ces difficultés, les pisciculteurs de Brenne ne baissent pas les bras. Ils travaillent actuellement, avec le conseil régional, à l'élaboration d'un plan pour aider la filière à s'adapter au réchauffement climatique.

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