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Recyclage
La corne, une ressource pour le sol

Autrefois jetée, la corne des bovins est désormais utilisée comme engrais. Un produit réalisé dans l’Indre vendu dans toute la France.

Réutiliser des produits considérés comme des déchets pour les valoriser sous une autre forme sont des procédés en pleine expansion. Chez Bio corn, entreprise installée à Ceaulmont, cette idée à germé dès 1987. Gilbert Guignard dirigeant du groupe de BTP et de transport du même nom, a eu l’opportunité d’élargir les activités de son entreprise grâce à la collecte des cornes et des onglons issus des abattoirs. Bio corn était née.

 

Traçabilité et qualité

 

La corne broyée est un engrais très riche en azote pouvant être utilisée en agriculture mais également dans les jardins des particuliers. Il s’agit de la seule unité de ce type en France, comme le rappelle Vincent Moulin, responsable des ventes chez Bio corn, « Nous sommes la seule entreprise en France voire en Europe à transformer la corne pour en faire un engrais. Il existait une société du même type en Allemagne, mais elle a cessé son activité. L’Italie commence également à collecter, donc je pense qu’ils se sont aussi lancé dans la corne broyée. » L’ensemble de la matière première est originaire de France, par choix mais aussi pour la qualité du produit. « Nous avions commencé à démarcher dans d’autres pays comme la Roumanie, précise Vincent Moulin, mais la qualité n’était pas là. La couleur des cornes ne correspondait pas aux standards recherchés en France. Et puis nous avons une obligation de traçabilité vis-à-vis de nos clients. »

 

Le ramassage des cornes et des onglons se fait sur l’ensemble du territoire français auprès des abattoirs. Bio corn travaille en majorité avec des unités d’abattage de grande taille, même si des abattoirs locaux fournissent également l’entreprise. « Il faut savoir que les abattoirs facturent désormais ce produit, contrairement au début de notre activité. La demande de corne broyée est en augmentation et le produit a pris de la valeur. Nos partenaires principaux sont principalement des plateformes de grande taille, souvent les petits abattoirs n’ont pas d’opérateurs pour travailler les pieds. Ils ne peuvent pas nous fournir ce que nous recherchons. » Aujourd’hui, la majorité de la matière première (90 % du chargement) est composée par les onglons. En effet, de plus en plus d’exploitations écornent leurs animaux.

 

Proposer un produit sain

 

La corne reste de la matière vivante, ce qui oblige Bio Corn à mettre en place un process de fabrication particulier afin d’éviter le développement des germes. Les cornes et les onglons arrivent sur le site de l’usine par camion. Dans un premier temps, la matière première est mise au séchage sous des hangars. La durée dépend de la saison, en été deux à trois jours peuvent suffire, alors qu’en période hivernale, une quinzaine de jours est parfois nécessaire. Cette étape est obligatoire pour pouvoir broyer la corne, l’humidité rendant le travail des machines inefficace. « Au cours du séchage, explique Vincent Moulin, la corne et les onglons perdent jusqu’à 40 % de leur poids. En moyenne, nous récupérons 1 700 T d’onglons et de cornes par an. Après cette étape, ils perdent environ 600 kg. »

 

Après le séchage, le processus de broyage peut démarrer. Dans un premier temps, la corne est broyée grossièrement, puis elle est chauffée pendant une heure à une température de 80° C. « Cela fait partie des spécificités de notre entreprise. La corne reste de la matière vivante et nous devons réduire les risques d’infection. » La corne chauffée subit ensuite une seconde phase de broyage avec des tamis de maillages différents, pour par la suite pouvoir être conditionnée.

 

S’adapter à la demande

 

L’engrais est produit sous plusieurs formes, poudre, granulés, broyage grossier ou broyage fin. Le taux d’azote reste le même, mais son absorption dans le sol est plus ou moins longue. Le produit est proposé en jardinerie ou en magasins spécialisés du bigbag de 1 T au sac de 5 kg.

 

Peu d’agriculteurs l’utilisent car c’est un intrant exclusivement composé d’azote. Il reste cependant très prisé des particuliers et des arboriculteurs pour stimuler la plante. « Notre objectif dans l’avenir est de développer nos emballages de 10 et 5 kg qui correspondent mieux à notre clientèle. » Bio corn, née d’une idée en 1987 est aujourd’hui une entreprise qui ne connaît pas la crise.

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