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COMMERCIALISATION
Marché ovin sous tension : des prix trop bas pour les éleveurs

Le marché aux Hérolles du 24 juillet a été marqué par une offre abondante et des prix en fort repli. Face à des cotations jugées trop basses, de nombreux éleveurs ont préféré repartir avec leurs animaux.

Le 24 juillet, aux Hérolles, le marché a été compliqué, tant pour les agneaux que pour les brebis. Les prix proposés par les acheteurs ont difficilement convaincu les éleveurs.

 

« Les prix ne sont pas là. Hors de question de laisser partir mes agneaux à moins de 4 €/kg. Jusqu’à fin juin, les cotations étaient intéressantes. Aujourd’hui, je préfère repartir avec mon lot plutôt que de le brader à 3,40 €/kg », lâche un éleveur de Coulonges-les-Hérolles (86).

Dans les travées de la salle des ventes comme dans le box des vendeurs, les réactions sont similaires. « Je ne vends pas à moins de 150 € l’animal », annonce une éleveuse à l’animateur des ventes. À l’issue des enchères, un acheteur s’est positionné à 144 €. « Lot invendu », déclare alors le chef des ventes. « À ce prix-là, ça ne valorise pas mes agneaux ! », s’exclame-t-elle.

Sur les 757 animaux présentés ce jour-là, 674 ont tout de même été vendus, non sans difficulté. « Les marchés estivaux sont toujours difficiles », relativise Romain Deshais, éleveur et vice-président de la SAS du marché au cadran des Hérolles. Il explique cette tension par une baisse de la demande : « l'absence des appels d'offres des restaurants hors domicile ainsi que le changement de consommation en été jouent fortement sur les débouchés. »

« L’été est une période moins propice à la vente, avec des prix en retrait, on le sait. Mais là, la baisse des cours a débuté plus tôt que d’habitude », remarque un éleveur de l’Indre. Depuis la mi-juin, les cotations ont chuté de 15 à 25 % selon les catégories d’agneaux. Par exemple, les agneaux de moins de 38 kg classés U sont passés de 5 à 4,52 €/kg entre le 16 juin et le 24 juillet. Ceux de 38-44 kg classés R ont vu leur prix tomber de 4,63 €/kg à 3,35 €/kg.

La baisse n’est pas uniquement due à une offre excédentaire. « Le repli en ovin est constaté à l’échelle mondiale, la consommation globale de mouton chute, analyse Romain Deshais. Depuis deux ans, nous avions des cotations de l’agneau à la hausse. La forte baisse des dernières semaines impacte directement le revenu des éleveurs, qui ont le moral en berne. »

Autre facteur : la réorganisation des élevages. « Nous avons des éleveurs qui cessent leur activité, et n’ayant pas de repreneur, passent d’importants lots d’agneaux et de brebis sur le marché. Ce qui a un double effet : du volume en demande, et la perte d’un élevage ovin », observe le vice-président de la SAS du marché au cadran des Hérolles.

 

Miser sur la patience d’ici la rentrée

Du côté de la bouverie, les éleveurs n’ayant pas vendu rentrent leurs animaux dans la bétaillère. « Retour à la maison. On va les soigner, et revenir dans 15 jours, en espérant les vendre à un meilleur prix », explique un éleveur viennois. Son voisin de case complète : « il faut que le temps se maintienne sans grosses chaleurs, car les agneaux sont les premiers à perdre en état dans ces cas-là. S’ils perdent trop d’état, ils ne font pas le poids face à des lots d’agneaux se tenant mieux. »

Si tout suit la tendance habituelle, le marché du mouton devrait reprendre des couleurs fin août ou début septembre, avec la réouverture des appels d’offres pour la restauration hors foyer et le retour de débouchés actuellement en veille.

« J’espère que les marchés du 21 août et du 4 septembre seront plus intéressants. Aurons-nous les acheteurs et le prix ? Mais une chose est sûre, il y aura du monde pour vendre ! », lance un éleveur au volant de sa bétaillère, à l’issue du marché.  

 

 

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