Aller au contenu principal

De solo, le projet évolue en duo chez les frères Conscience

Victor Conscience a rejoint son frère Guillaume récemment installé sur la ferme de leurs grands-parents. D’entraineur sportif, il est ainsi devenu associé de Gaec en prenant soin de s’entourer de conseils.

En septembre 2016, Guillaume Conscience s’installe en hors cadre familial en bovin allaitant à Luzeret, « sur 140 ha dont 130 ha d’herbe et 10 ha de méteil immature et avec 90 vaches limousines », précise-t-il. Puis en septembre 2022, son frère Victor passe le cap de l’installation. Nait ainsi le Gaec Conscience, sur 240 ha et avec 150 vêlages. « Cela a été possible car nous avons beaucoup discuter entre nous, sur ce que nous voulions mettre en place, sur la direction que nous voulions donner à la structure », rapportent les deux frères. 

UNE INSTALLATION MÛREMENT RÉFLÉCHIE 

A l’image de Guillaume, qui s’est installé après être revenu d’Afrique du Sud, Victor Conscience n’était pas non plus destiné à devenir éleveur. « De 2014 à 2020, j’étais au Canada pour les études afin de devenir entraineur de sport. Là-bas, je faisais du foot américain et étais entraineur de soccer (ndlr football). Puis en 2020, je suis venu en vacances ici. Le Covid a fait que j’y suis resté », raconte-t-il, avant d’ajouter : « même si nous ne sommes pas Berrichons, que nous n’avons pas été élevés ici, nous y avons nos grands-parents. C’était notre point fixe, on y passait nos vacances. C’est ici, que dès tout petit j’ai découvert le monde de l’élevage et de l’agriculture ». A la faveur du Covid, Victor a posé ses bagages définitivement en Brenne. Après mûre réflexion, a débuté son parcours à l’installation, tout en aidant Guillaume sur l’exploitation, « afin de voir comment on pouvait travailler ensemble », précise-t-il. Titulaire d’un diplôme agricole, Victor consacrera son premier trimestre 2022 aux stages à l’installation, tels que celui de 21 heures et celui de PPP (parcours professionnel personnalisé). Lors de ces stages, notamment du 21 heures, les deux frères rencontrent l’ensemble des partenaires pouvant graviter autour du projet que ce soit les banques, les assurances, le GDMA, les centres de gestion... « A cette occasion, on dégrossit le chiffrage pour voir si le projet est viable, et chaque partenaire y apporte son expertise. C’est un rendez-vous important pour les candidats à l’installation. De plus, ces échanges peuvent également faire évoluer le projet du futur installé », considère Marine Van Leussen, conseillère JA au Crédit Agricole Centre Ouest. 

Sur le large secteur qu’elle couvre (Brenne-Boischaut nord- Champagne berrichonne et Châteauroux), elle remarque que, depuis quelques années, les candidats à l’installation « sont plus âgés, qu’ils ont vu et vécu d’autres expériences. Ce passif fait que les projets qu’ils portent sont plus aboutis, mieux ficelés ». Cette dernière a suivi Guillaume après son installation et accompagne Victor pour la sienne. « Le fait que Guillaume soit déjà client Crédit agricole, que nous connaissions la structure, la rigueur qu’il a sur la mise en place de son prévisionnel de trésorerie est un plus », avoue-t-elle, précisant que « cela nous a permis d’épauler les deux éleveurs dans la transition d’installation individuelle à Gaec ».  « Pouvoir échanger avec l’ensemble des partenaires est très important, cela nous permet de balayer tous les cas de f igure et définir un projet qui nous correspond pleinement », reconnaît Victor Conscience. En effet, son projet initial était de développer un atelier de cochons sur paille, en plus des bovins allaitants. Mais, le manque de bâtiment, de connaissance en porcin, « la nécessité de formation, alors que je voulais travailler tout de suite », l’ont fait mettre de côté cette idée. « Nous voulions aussi, en priorité, stabiliser la production existante, poursuivre le développement du cheptel inscrit au HBL et pouvoir sortir en concours à l’avenir », complète Guillaume Conscience. Après avoir pris chacun ses marques dans le Gaec, « passer de seul à deux, ça change la donne au niveau organisation du travail, sur la répartition des astreintes », souligne notamment Guillaume. Polyvalents tous les deux, ils se répartissent naturellement les tâches, « selon les envies de chacun, selon ses préférences, indiquent-ils. Le dimanche, il y en a qu’un qui travaille, et on fait un roulement, ce qui nous permet d’avoir deux dimanches libres par mois. » 

SAVOIR FAIRE APPEL AU SERVICE DE REMPLACEMENT 

En parallèle, ils font appel à un salarié agricole, via le Service de remplacement, à raison d’une journée tous les 15 jours, « mais aussi lors des absences pour X ou Y raison et pour les vacances », poursuiventils. Et en cas de surcroît de travail, ils font appel au service de leur oncle, « toujours par le Service de remplacement », pour les chantiers de fauche, de semis ou encore de vaccinations type FCO. Pour gagner en confort de travail, les frères Conscience vont prochainement monter un nouveau bâtiment d’élevage. Un projet suivi par Céline Lambert, leur conseillère bancaire du secteur de SaintGaultier et Mézière-en-Brenne. « Une fois installés, nous continuons d’accompagner les agriculteurs pour tous types de projets, mais également pour les aider à trouver des solutions en cas d’imprévu », expose-t-elle.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 93€
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Aurore Paysanne
Consultez le journal L'Aurore Paysanne au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal L'Aurore Paysanne
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Vous aimerez aussi

Dès le premier jour de vie, les chevrettes sont isolées dans un bâtiment dédié, avec un suivi de prise de colostrum précis et une initiation à l'alimentation à la louve. ©B.R
Élevage de chevrettes : une gestion minutieuse du colostrum

À Diou, Jérémy Chipault porte un soin particulier à ses chevrettes. Garantes de l'avenir du troupeau, aucun poste est à négliger. Témoignage.

©D.R
Jday et Natchav, la liberté de la vie nomade

Jday, plus connu sous le nom Le Nomade du futur sur les réseaux sociaux, arpente la France en vélo-roulotte avec son chien.

Simon Perrin a obtenu son bac S à Naturapolis en 2013. Désormais, il travaille comme chercheur dans un laboratoire de Stockholm. ©S.P
Filière générale : la richesse de l'enseignement

Au lycée agricole Naturapolis, la filière générale scientifique séduit les élèves par la qualité de son enseignement et ses options.

En BTAS ACS'Agri, les étudiants se forment en cours et auprès d'élevages support en caprin et porcin. ©Saint-Cyran
BTSA ACS'Agri : répondre aux besoins du territoire

Depuis 2019, le lycée Saint-Cyran, à Saint-Cyran-du-Jambot, propose un BTS agricole spécialisé sur la conduite des exploitations agricoles.

Après une approche théorique des gestes qui sauvent, les participants se sont exercés au massage cardiaque et ont posé des capteurs du défibrillateur sur des mannequins. ©B.R
Premiers secours : des gestes essentiels

Être prêt à venir en aide lors d’un accident nécessite d’être formé.

Le 21 janvier, la chambre d’agriculture, les quatre syndicats et les services de l’Etat avaient déterminé comment le département pouvait se positionner pour mobiliser le fonds d’urgence. ©D.R
Aide fonds d'urgence : une réponse insuffisante

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a signé le 29 janvier la mise en œuvre d’un fonds d’urgence de 40 millions d’euros à destin

Publicité