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Reproduction
Des contraintes à anticiper

Avec la période estivale, les ovins, comme les autres animaux, ont souffert de la chaleur et d’un déficit d’herbe fraiche. Craignant pour leur santé et la reproduction, les éleveurs ont été contraints de les rentrer en cours d’été. La famille Robin, de Nohant-Vic, a apprécié d’avoir pris quelques précautions pour passer cette période délicate.

A proximité de Nohant- Vic, le Gaec de l’Aunière élève des ovins, des chèvres et des bovins depuis plusieurs années. Aujourd’hui, deux générations de la famille Robin travaillent sur l’exploitation pour gérer ces trois productions. Guillaume Robin a intégré le Gaec en 2017. Déjà installé auparavant, il a rejoint sa mère et son frère pour faciliter le travail et mieux valoriser leurs productions.

Une bonne reproduction avant tout

C’est Guillaume qui s’occupe principalement du cheptel ovin composé de 275 mères. Un poste important pour la viabilité de l’exploitation, d’autant plus que le troupeau est inscrit en label Baronnais Limousin. « Nous vendons également notre lait de chèvre à la laiterie de Verneuil, précise le jeune agriculteur. Nous sommes actuellement en réflexion quant à l’avenir de notre élevage bovin, car il devient difficile de le valoriser ». Le troupeau ovin est composé des races Suffolk et Texel. Pour le gérer au mieux, Guillaume cherche à améliorer reproduction, rendement et ambiance dans les bâtiments. Avec un taux de prolificité de 1,8, il peut anticiper les périodes de forte demande pour la viande d’agneau. « Je ne fais pas d’I.A., je fonctionne avec 50 % de monte naturelle et 50 % d’éponges (100 par an), cela fonctionne bien. J’achète mes béliers par l’intermediaire du groupement CCBE, ce qui m’assure d’avoir des reproducteurs de qualité, correspondant au cahier des charges du label. En moyenne, un lot réussit à faire 3 agnelages par an. En plus, ce sont des races qui arrivent à dessaisonner avec les éponges, ce qui me permet de faire des agneaux de Pâques par exemple. » En période de lutte, il fixe un intervalle de deux jours entre chaque lot pour les éponges.

Des stocks alimentaires suffisants indispensables

Ces bons résultats de reproduction sont liés à l’alimentation et au faible stress des agnelles et des brebis. Les rations sont composées d’aliments produits sur l’exploitation, dans lesquels il ajoute des compléments. « Je fais un mélange de triticale, luzerne, minéraux, pois et compléments. Nous achetons tous les ans une partie de fourrage, pour avoir un stock suffisant. Economiquement c’est rentable pour nous, surtout quand on est confrontés à des climats comme celui de cette année. Je pensais d’ailleurs que beaucoup de femelles seraient vides au moment de la reproduction, ce qui n’a pas été le cas, même si leur poids n’était pas optimal », relate Guillaume. Pour le renouvellement de ses brebis, il prend en compte deux critères, l’âge et l’aspect sanitaire. « Je réforme mes femelles à 6 ans. Avec près de deux agnelages par an, l’impact sur leur prolificité est réel. Je fais également attention aux signes d’infections. Les mammites ou d’autres inflammations sont rédhibitoires pour la reproduction », explique-t-il.

Un nouvel outil pour plus de facilité

Depuis peu, le Gaec a investi dans la construction d’un bâtiment d’élevage en photovoltaïque. Auparavant, le troupeau était parqué en tunnel, mais l’ambiance et la facilité de travail n’étaient pas idéales. « L’isolation thermique et l’espace alloué pour l’entretien des animaux rendaient le travail compliqué, détaille l’éleveur. Par exemple, j’étais obligé de changer le paillage tous les jours du fait de l’humidité. Aujourd’hui, dans le nouveau bâtiment, je ne le fais que tous les deux jours. De même pour la chaleur. Les températures de cet été ont très vite grimpé dans les bâtiments, mais la circulation d’air a permis de préserver un environnement convenable pour les moutons. » Avec son bardage bois, sa toiture microperforée, sa grande hauteur sous plafond et ses larges ouvertures, la nouvelle bergerie a été pensée pour que les animaux ressentent le moins possible les variations de température et que l’éleveur puisse gagner en temps de travail. De plus, avec une surface de près de 1 000 m2, la gestion des lots et des naissances est grandement améliorée. « Il n’est pas encore totalement terminé, précise Guillaume. Je suis couvreur de profession, j’ai fait le bardage et le toit moi-même. J’espère qu’il sera bientôt opérationnel, j’ai commencé à mettre quelques lots, mais à court terme je vais revoir complètement l’organisation de mon parc. Seuls les agneaux seront sous le tunnel, tous les autres animaux seront dans le nouveau bâtiment, avec des séparations pour les femelles pleines, les mâles ou les agnelles. » En attendant que leur nouvel outil de travail soit prêt pour accueillir l’ensemble du troupeau, Guillaume, son frère Emmanuel et leur mère s’attachent à valoriser leur production et à préserver la qualité de leur troupeaux.  

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