Aller au contenu principal

Deux collections pour une seule passion

  Fortement attaché au machinisme agricole et à son histoire, Claude Passelande collectionne depuis soixante ans les brochures commerciales et les miniatures. Immersion dans l’univers de cet ardent défenseur du monde agricole.

La passion de Claude Passelande pour les machines agricoles a débuté dès l’âge de 7 ans. Cet ancien céréalier, natif du Maine-et-Loire, a passé presque quarante-cinq années de sa vie à cultiver des terres à Betz-le-Château, dans le sud de la Touraine. « C’est en 1956 que mon engouement pour la mécanique a commencé, racontet-il. Cette année-là, mon père a acheté son premier tracteur. C’était un bouleversement pour le monde agricole, on abandonnait la traction animale pour le moteur thermique ».

DES TONNES DE PAPIER…

Ce sont les brochures que le jeune homme collectionne dans un premier temps. « Quand mon père m’emmenait au marché de bestiaux, j’en profitais pour aller à la rencontre des concessionnaires pour récupérer leurs brochures commerciales. Idem durant les foires ou les comices agricoles du secteur, nombreux à cette époque », se souvient Claude Passelande. Dans les années 60, il va même jusqu’à écrire aux constructeurs américains. « Certains jouaient le jeu et m’envoyaient des catalogues complets de leur gamme. » En 1967, avec tout juste le permis de conduire en poche, il peut enfin se rendre seul à la gare « pour monter à Paris et assister au salon de la machine agricole. » L’occasion pour lui de découvrir les dernières nouveautés et de collecter, une fois encore, des quantités astronomiques de brochures diverses. Collecte qu’il poursuit encore aujourd’hui, en visitant Innov’agri ou le Sima qu’il ne loupe jamais ! Autre source d’approvisionnement, les vide-greniers. « C’est l’occasion parfois de trouver de beaux ouvrages à des prix battant toute concurrence », note-til. Mais le développement d’Internet et la numérisation ont entrainé la raréfaction du support papier... Aujourd’hui classés par ordre chronologique, ces milliers de documents sont stockés dans d’imposantes caisses en plastique. « Je pense en avoir plusieurs tonnes à ce jour, précise le retraité. Mais c’est toujours passionnant pour moi de détailler l’histoire de tel ou tel constructeur, d’expliquer avec qui il a fusionné, en quelle année il s’est installé dans tel ou tel pays, s’il est parvenu à y rester sur le long terme, etc. » Claude Passelande ne se déplace jamais sans sa carte qui répertorie les concessionnaires sur le territoire national. « Il m’arrive de temps à autres de m’arrêter chez certains, à l’improviste. Quand j’explique ma passion pour les brochures, bien souvent ils jouent le jeu et m’en donnent, parfois des anciennes. »

…ET DES MODÈLES RÉDUITS PAR MILLIERS

L’autre passion débordante de Claude Passelande, bien évidemment toujours en relation avec la profession, c’est la collection de miniatures agricoles. « J’estime aujourd’hui en avoir environ 3 000, déclare-t-il. Mais c’est une collection qui prend de la place ! » Celle-là aussi, il l’a commencée enfant. « Mon premier, c’était un Farmall 1/32e », se remémore-t-il. Peu importe le constructeur et la taille du jouet, Claude Passelande souhaite avant tout disposer de modèles qui se rapprochent au plus près du réel. A la fin des années 80, il est démarché par les organisateurs du salon des collectionneurs qui a lieu à Tours. Un peu hésitant au début, l’agriculteur décide d’y exposer une bonne partie de ses miniatures. Le succès sera au rendez-vous. « Pour beaucoup de gens qui ne travaillent pas dans le monde agricole, c’est bien souvent un souvenir d’enfance. Ils revoient le modèle que conduisait leur père ou leur grand-père quand ils étaient enfants. » « A cette époque, Internet n’existait pas. Je les commandais par correspondance, poursuit Claude Passelande, bien souvent importés des Etats-Unis. » Vu le succès rencontré lors de cet évènement, il décide d’en faire une activité professionnelle à part entière. « C’est suite à ce salon que j’ai commencé à faire une sorte de négoce de miniatures agricoles. » Le collectionneur de Betz-le Château a d’ailleurs souvent été contacté par différentes associations des quatre coins de France pour venir exposer. « Jusqu’au salon du modèle réduit parisien qui est venu me solliciter il y a quelques années », glisse-t-il. Dorénavant, il conserve ses miniatures, et continue d’en acquérir, notamment dans les concessions agricoles ou lors de salons professionnels. « C’est pour cette raison qu’en cette fin d’année, j’ai prévu de me rendre au plus grand salon mondial du machinisme, l’Agritechnica en Allemagne. Ce devrait être l’occasion d’alimenter encore et toujours mes deux collections », escompte-t-il.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 6.75€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Aurore Paysanne
Consultez le journal L'Aurore Paysanne au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal L'Aurore Paysanne
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Vous aimerez aussi

De meilleures conditions de travail à venir pour les aides à domicile de l’Indre

Familles Rurales de l’Indre a entamé un projet expérimental à l’aide de La Grande Bobine, institut territorial des transformations publiques.

Atelier de transformation : bien réfléchir pour le réussir !

 Le GDMA de l’Indre a organisé une formation afin d’aider les porteurs de projets de transformation carnée à conceptualiser et réaliser un ate

Ibrahima Ndiaye, vendeur d’aliments du bétail à Dakar

Jeune Sénégalais, Ibrahima Ndiaye commercialise toutes sortes d’aliments du bétail dans le quartier Yoff, au nord de Dakar.

FDSEA et JA : « faisons appliquer la loi »

 La défense du revenu agricole passe notamment par le respect de la loi Egalim et un affichage de l’origine des produits conforme à la réalité

Trouver les leviers pour se dégager du temps

Cinq ans après son installation à Levroux, Quentin Duterde a construit un bâtiment d’élevage qui lui ressemble et répond à ses aspirations professi

Seuil de Bénavent : plus de peur que de mal pour l’instant

Mauvaise surprise jeudi 15 février, au petit matin, une brèche s’est formée sur le seuil de Bénavent, à PoulignySaint-Pierre.

Publicité