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Renouvellement des générations
Élevages cherchent éleveurs

Dans l’Indre, les producteurs caprins bénéficient d’une valorisation intéressante de leurs produits grâce notamment aux AOP. Cependant la filière souffre d’un manque de producteurs.

En agriculture, le renouvellement des générations n’est pas une problématique nouvelle. Ce secteur d’activité subit depuis plusieurs années un vieillissement des actifs et une disparition d’un certain nombre d’exploitations. La déprise s’intensifie. Certaines productions souffrent de manière plus marquée du manque de vocation. C’est notamment le cas de l’élevage caprin.

Des offres mais peu de candidats

Dans notre département, on observe un manque criant de projets liés à cette production. Pourtant, des débouchés existent. Le fait de valoriser le lait via 4 appellations de fromages de chèvre sur le territoire (sainte-maure-de-touraine, valençay, pouligny-saint-pierre et selles-sur-cher) est un gage d’une bonne valorisation de ses produits. Cependant, cet atout n’est pas suffisant.

« L’année dernière, 16 candidats souhaitaient s’installer en élevage de chèvres, indique Estelle Paillard conseillère au service installation de la chambre d’agriculture. C’est un résultat faible par rapport aux données globales. Au sein de notre service, nous essayons de communiquer au maximum les offres disponibles auprès de la Ferme des Ages et des autres écoles agricoles. Nous nous sommes également déplacés au salon international Capr’Inov. Mais nous nous heurtons à des difficultés souvent liées aux modalités de reprises d’exploitations. C’est notamment le cas pour les projets en association pour lesquels les éleveurs en place ont des difficultés à attirer des porteurs de projets. Il ne faut pas non plus oublier le niveau d’investissement pour un repreneur. Le foncier, le matériel ou le cheptel, ce sont des coûts qu’il faut être capable de pouvoir supporter pour rendre viable son projet de reprise. »

Ce constat se traduit dans les chiffres. En 2000, l’Indre comptait plus de 500 exploitations vouées à l’élevage caprin (vente ou transformation). En 2010, date du dernier recensement agricole, ce chiffre a chuté fortement pour atteindre les 306 exploitations. De même selon Agreste, le nombre de livreurs de lait à l’industrie est passé de 170 à 100 entre 2010 à 2017.

Une génération à remplacer

Si la tendance ne s’inverse pas, les perspectives font craindre une fonte encore plus importante des effectifs. La génération des éleveurs de plus de 50 ans ne trouve pas de repreneurs en nombre suffisant pour préserver leurs outils de production. Et certains secteurs font face à des besoins non pourvus pour la production laitière.

Le service installation transmission de la chambre d’agriculture a effectué différents repérages toutes productions confondues, sur plusieurs territoires de l’Indre. L’âge des agriculteurs mais aussi la question de la transmission ont été analysés. « Nous avons étudié notamment les régions de Valencay et de Pouligny-Saint-Pierre, détaille Estelle Paillard. Il apparait que beaucoup d’exploitants sont en approche de la retraite à plus ou moins court terme. Sur le secteur de Pouligny, nous avons rencontré 372 agriculteurs âgés de 50 à plus de 60 ans. 25 d’entre eux sont éleveurs caprins. Dans ce panel, 18 ateliers sont pour le moment maintenus, cependant la majorité (11 exploitations) n’ont pas de succession assurée. Sur Valencay, la situation est équivalente avec près de 40 % des exploitations qui n’ont pas encore de projet de reprise sûr. C’est l’autre volet de l’installation/ transmission, préparer l’arrêt de sa carrière d’exploitant et réfléchir à transmettre son outil de travail de façon à ce que la transaction et le maintien de la ferme se déroulent le mieux possible. »

La chambre d’agriculture accompagne cédants et repreneurs dans cette phase décisive. Le répertoire départ installation ou l’organisation d’évènements comme le Farm dating sont des outils qui améliorent la visibilité des offres de reprises. Elles facilitent la mise en relation entre cédants et porteurs de projet. Le parcours à l’installation vise à apporter sécurité et conseils pour aider à pérenniser les entreprises. Le défi à relever est considérable pour pallier la césure générationnelle qui se profile. En 2010, 7 exploitants sur 10 avaient plus de 45 ans… de quoi installer de nombreux jeunes dans le département !

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