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Innovation
En chemin vers l'agriculture de conservation avec un GIEE

AgroFerti36, c'est le nom que s'est choisi un collectif d'agriculteurs qui a décidé d'améliorer la fertilité de son sol en s'inspirant de l'agriculture de conservation. Il bénéficie de l'accompagnement du service productions végétales et agronomie de la chambre d'agriculture.

Revoir son système cultural sans mettre à mal la santé économique de son exploitation ne se fait pas d'un coup de baguette magique. Les adhérents du GDA Buzançais-Levroux y travaillent depuis plusieurs années, en se concentrant sur la fertilité des sols. En février dernier, ils ont répondu favorablement à une proposition de la chambre d'agriculture pour constituer un groupe REVA (Réseau d'Expérimentation et de Veille à l'Innovation Agricole). Sept d'entre eux ont, à ce titre, fait analyser des échantillons de leurs parcelles, en vue notamment de disposer de données sur l'activité biologique de leur sols.« Deux types de protocole d'analyses ont été mis en place,détaille Victoria Piollat.Dans 6 fermes, il s'agissait d'un diagnostic agronomique, physico chimique et biologique du sol, selon le. Celui déployé dans la dernière ferme allait plus loin en intégrant tout le protocole REVA. »Celui-ci est beaucoup plus complet (lire encadré) et prévoit notamment d'ensevelir un tissu en coton pendant 4 mois pour en mesurer l'état de décomposition.« Nous aurons les résultat en septembre », continue la conseillère agronomie de la chambre d'agriculture.

RÉVISION DE SON SYSTÈME CULTURAL

Sans attendre ce délai, les agriculteurs, partie prenante de cette démarche, ont décidé de franchir une nouvelle étape en s'engageant dans un GIEE.« Contrairement aux groupes Dephy et 30 000, les objectifs visés par les Groupements d'Interêt Economique et Environnemental ne se limitent pas à la réduction des produits phyto. Avec les GIEE, les projets concourent à la re-conception de l'ensemble de son système d'exploitation »,précise Victoria Piollat. Celui du groupe de Buzançais-Levroux intitulé AgroFerti 36 entend s'inspirer des techniques de l'agriculture de conservation.

Pour être reconnu GIEE, il est nécessaire de déposer un dossier indiquant les objectifs poursuivis par le collectif et brossant les grandes lignes des actions pressenties. Pêle-mêle, le GIEE AgroFerti 36 prévoit un volet observation du sol en exploitant notamment les résultats des analyses REVA pratiquées cette année, une réflexion collective sur les itinéraires techniques, des expérimentations et leur suivi au champ. Les impacts économiques, sociaux et environnementaux seront évalués. Pour aller plus loin, le groupe envisage de nouer des partenariats des instituts et organismes techniques, mais aussi de nourrir ses réflexions de celles de groupes d'agriculteurs existants.« Si notre projet est retenu, ce que nous saurons en septembre, nous aurons un an pour consolider notre plan d'action, ce qui nous permettra de partir sur de bonnes bases,précise Victoria Piollat.Nous pourrons également proposer à d'autres agriculteurs de rejoindre le groupe, sachant que l'effectif est limité à 15 participants ».Rendez-vous à la fin de l'été pour connaître les suites données à ce projet novateur dans l'Indre.

Qu'est-ce que REVA ?

Le REVA est un Réseau d'Expérimentation et de Veille à l'Innovation Agricole, il fait partie de l'Observatoire des Sols Vivants Français. Ses objectifs sont : • diagnostiquer la biologie des sols ; • évaluer les pratiques afin de concilier rentabilité économique et durabilité de la qualité des sols ; • bâtir le conseil t e r r a i n de demain. Ce réseau fournit aux agriculteurs qui le f o r m e n t : • l'expertise scientifique et les outils de diagnostic de l'état biologique des sols ; • des outils de gestion de projet ; • des moyens d'expérimenter et de faire évoluer leurs modèles agricoles vers une agriculture de développement durable écologiquement et économiquement. Pour cela le REVA met en place des protocoles d'observation et de prélèvements biologiques des sols pour évaluer : • état physico-chimique ; • état microbiologique (bactéries, champignons) ; • état s t r u c t u r a l (test bêche) ; • analyse de la nématofaune • analyse lombricienne • capacité de dégradation des résidus.

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