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« ETRE POINTILLEUX DANS LA SÉLECTION »

Choisir les reproducteurs que l’on garde et ceux destinés à la vente ou au concours peut s’avérer être un choix cornélien. Chez Jérôme Lagautrière, à Orsennes, ce tri rigoureux s’effectue au sevrage

La rigueur dont fait preuve Jérôme Lagautrière paie puisque ses reproducteurs sont recherchés par les acheteurs et certains intègrent la Station de Lanaud

Que le reproducteur soit à vendre ou à conserver au sein de l’élevage, les critères de sélection sont identiques pour Jérôme Lagautrière. Son critère numéro un est la docilité. « Je suis intransigeant sur ce point. C’est une sécurité pour l’éleveur, notamment lorsqu’il travaille seul, mais également pour les animaux tant entre eux que lors des diverses interventions comme des prophylaxies, les échos, l’IA, le bouclage… Il y a moins de stress des deux côtés », estime-t-il.

TROIS CRITÈRES DÉTERMINANTS

Dans le top 3 des critères sur lequel l’éleveur est pointilleux, viennent, ensuite, les qualités maternelles. Les mères doivent vêler seules sans difficultés, être de bonne laitières et avoir un bon IVV (indicateur vêlage-vêlage) garantissant une bonne fertilité. « Mon père a beaucoup travaillé, dans les années 80, sur ce critère. J’ai la chance de n’avoir qu’à faire perdurer ces qualités maternelles. Toutefois, le choix du taureaux est primordial pour ne pas dégrader ces aptitudes maternelles. Pour cela le père doit soit être neutre, soit avec une lignée de bonnes mères », considère l’éleveur d’Orsennes qui travaille sur huit lignées différentes, dont cinq déjà présentes lorsque son père était à la tête de l’élevage. Le dernier point est le duo morphologie-conformation : une robe pas trop rouge, les auréoles autour des yeux, la finesse d’os, un long dessus, un dos plat, de belles attaches d’épaules, des aplombs avant bien parallèles. « Etant naisseur-engraisseur, je travaille le mixte lourd, pour une bonne valorisation de la carcasse. Il faut donc le bon compromis entre le développement musculaire, le développement squelettique, ce n’est pas si évident », confie Jérôme Lagautière.

CONFIANCE ET EXIGENCE

Dès la naissance, l’éleveur évalue les nouveau-nés, apprécie leur tonicité, leur conformation, mais n’effectue pas de réel tri. Cette étape intervient lors du sevrage, « rompre le lien avec la mère provoque un stress, il ne faut pas se le cacher, mais c’est là que le veau ou la génisse montre son vrai caractère. Tous les animaux trop fuyants, craintifs ou au contraire trop agressifs, vont directement à l’engraissement » poursuit-il, avant d’ajouter : « Je ne vendrais pas un animal que je n’aurais pas garder pour moi-même. La rigueur que je m’impose est identique que ce soit ici sur l’élevage, que pour la vente de mes veaux repro ». Tous les ans, l’éleveur vend quelques veaux reproducteurs « à des clients fidèles qui savent que, ne supportant pas la consanguinité, je leur proposerai un veau reproducteur en adéquation avec ce que je leur ai déjà vendu dans l’objectif de préserver leur lignée. Cependant, le rappel de sang peut être intéressant afin d’améliorer un critère, mais si la génétique commune remonte à au moins cinq générations », souligne-t-il. Ce travail de confiance est valable dans un sens comme dans l’autre. « Lorsque j’achète des reproducteurs, je vais toujours chez les mêmes éleveurs, tels qu’Hugues Daviet, Marie Villeneuve, entre autres. Je connais leur travail, leur approche de la sélection au sein de leur élevage, j’y retrouve des marqueurs auxquels je suis attaché », apprécie-t-il. Passionné de génétique, il estime que chaque éleveur-sélectionneur travaille la race pour soi « mais également pour les autres éleveurs, dans un souci d’amélioration des cheptels et par conséquent de la race ». 

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