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Géranium des champs et Pélargonium des balcons

Ces deux plantes qui appartiennent à la famille des Géraniacées sont en pleine floraison. On les confond régulièrement, pourtant le Geranium pousse naturellement en Europe, alors que le Pelargonium est originaire d’Afrique Australe

Le géranium, on le connaît surtout en pot, lorsqu’il orne une terrasse ou un bord de fenêtre, rouge, rose, plus foncé. Dans un village fleuri, il fait la gloire de l’habitant qui met tout son cœur à le bichonner. En fait, ce géranium-là est un Pelargonium, une plante ornementale, vivant au naturel hors de notre Europe, présent dans toutes les jardineries de France. En revanche, bien que de la même famille, on connaît moins le genre Géranium de chez nous, lequel ne compte pas une mais plusieurs espèces, il est vrai plus modestes. Toutes poussent à l’état naturel, dans les bois, les prés et les champs.

BEC-DE-GRUE

Les anciens avaient repéré le Géranium sous le vocable « bec-degrue » . Ainsi nommé parce que, au centre de chaque plante, se trouve une colonne qui s’allonge à maturité et finit par ressembler au bec du fameux oiseau. Mais là s’arrête la comparaison : car il porte beau le rouge ou le rose, celui de ses corolles ouvertes, voire de sa tige ; il vaut aussi par, sa discrétion et sa petite taille.Les agriculteurs le connaissent bien qui, trop souvent à leur goût, occupe champs et prés, quoique les espèces varient selon les lieux. Et il faut aussi compter avec le genre Erodium, un proche cousin, également très présent.

HERBE-À-ROBERT

Le plus connu de nos géraniums sauvages est le Géranium Herbeà-Robert Geranium robertianum. Lequel porte d’autres noms, tous plus jolis les uns que les autres : Herbe de Saint-Robert, Epingle de la Vierge, Aiguille à NotreDame, Fourchette du Diable, Pied de Colombe... Chez lui, tout est rouge : les fleurs, plutôt grandes et finement striées, la tige et le pétiole de la feuille. Ce rouge fait aussi allusion au sang qu’il est censé contenir lorsqu’on applique son suc frais sur une plaie ouverte ; d’ailleurs, selon les anciens, il serait antihémorragique, ce qui lui vaut également d’être nommé « herbe au sang ». La plante fleurit au mois de mai. Elle se repère facilement : pétales rouges mais fragiles qui tombent facilement ; feuilles découpées, semblables à celles du cerfeuil (ne pas confondre !) mais dégageant une odeur tout à fait différente : plaisante pour les uns, fétide pour les autres qui vont jusqu’à la comparer à celle de la punaise, voire du bouc. On la repère aussi, sur sol frais, au pied d’un vieux mur et d’une haie arborée, en lisière de bois, sur les rives d’un chemin creux… On la voit même occuper le terreau conservé au cœur d’un vieux saule.

PÉNIBLES AU CHAMP

A côté, il y a les géraniums qui se plaisent au champ, se fourrent dans les cultures, pressés d’occuper le terrain au point, parfois, de compromettre la future récolte. Parmi eux, les géraniums à feuilles rondes Geranium rotundifolium, disséqué G.dissectum et mou, G.molle. Ils se ressemblent  : petits, fleurs roses et médiocres, feuilles ciselées (sauf pour le premier chez qui le limbe est plutôt arrondi). Les graines (jusqu’à 900 par plante  !) germent entre 10 et 20°C, les corolles s’épanouissent d’avril à septembre, et la plante est capable de lever toute l’année. Ces trois géraniums se complaisent surtout dans les exploitations agricoles qui privilégient les rotations courtes à base de cultures d’hiver, le non-labour ou le travail superficiel du sol. Et, plus précisément, les champs de colza. Ils abondent lorsque, n’ayant pas démarré correctement (sur un sol trop froid, par exemple), ce dernier n’a pas eu le temps de les étouffer. Dès lors, trop vite développé, il gênera la récolte, par des problèmes de bourrage, une récolte qui, souvent, se révélera de piètre qualité.  

PELARGONIUM, L’EXOTIQUE

Pour en revenir au Pélargonium, il faut savoir qu’il est originaire d’Afrique Australe, introduit en Europe au début du XVIIe siècle, à cette époque où les Européens partaient à la conquête du monde et de ses richesses naturelles, épices et plantes inconnues. Celles-là, ils les déterminaient, en récupéraient les graines qu’ils semaient ensuite au jardin lorsqu’ils avaient la chance de revenir au pays. Ils contournaient l’Afrique, s’arrêtaient un temps sur sa pointe sud, puis continuaient leur route vers les Indes prometteuses. C’est là, dans la région du Cap, qu’un botaniste le découvrit et le rapporta… Aujourd’hui encore, pour le grand bonheur des jardineries, des jardiniers et des jardinières aimant les plantes en pot, couleurs vives et odeur forte.

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