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Peste porcine africaine en Chine
« Il faut savoir saisir ce type d’occasion pour faire notre marge »

L’embellie dont bénéficie le marché porcin actuellement pourrait être éphémère estime Philippe Van den Broek, président porcine de la FDSEA. La fièvre porcine, qui en est à l’origine, pourrait à tout moment sévir en France, d’où la nécessité d’appliquer à la lettre tous les protocoles sanitaires pour éloigner cette menace.
 

Bien que le cours du porc soit relativement élevé actuellement, la hausse des charges plombe la trésorerie des exploitations spécialisées.

La crise porcine en Chine offre une conjoncture favorable, à l’export, pour les éleveurs porcins européens. Cependant tous gardent en tête que l’épidémie peut toucher leur exploitation à tout moment, les empêchant de profiter pleinement de cette embellie.

La crise porcine qui touche la Chine est une aubaine pour les autres pays producteurs, comment cela se traduit sur le marché ?

Philippe Van den Broek : Aujourd’hui, les pays, comme la France, indemnes de peste porcine africaine peuvent exporter leurs productions et ont des possibilités de ventes vers la Chine. Pour le moment, tous les pays touchés par l’épidémie n’en sont pas venus à bout. En Chine, il faudra compter 2 à 3 ans pour s’en sortir. En France, nous sommes fébriles sur le sujet, potentiellement contaminables, au même titre que tous les pays indemnes. 
Actuellement, la demande chinoise en viande porcine, à l’exportation, est telle que nous avons des prix de vente qui tiennent la route. Aucun marché ne peut se targuer d’être stable sur du long terme, il faut savoir saisir ce type d’occasion pour faire notre marge. Il est impossible d’imaginer quelque chose de durable, tout est question d’opportunité.

Comment expliquer la différence de prix entre le marché français et le marché allemand ?

P. VdB : Tout dépend des marchés directeurs. Après, à voir comment sont rémunérés les éleveurs. En général, il y a environ 10 cents d’euro d’écart entre les marchés français et allemands. En France, notre production permet de fournir nos grandes surfaces et nos charcuteries puis l’export. En Allemagne, le marché porcin est plus tourné vers l’export, il est donc plus réactif lorsqu’il y a des opportunités sur le marché mondial telles que celles induites par la crise que traverse la Chine.

Existe-t-il un risque pour l’homme ?

P. VdB : La peste porcine africaine n’est pas dangereuse pour l’homme. Cependant, l’homme est porteur de la maladie à travers sa tranche de jambon, son sandwich, par exemple. La maladie est résistante dans des conditions naturelles longtemps, d’où le fait qu’il y ait par moments, par endroits des résurgences de l’épidémie après une accalmie.

La France a-t-elle un système de lutte particulier ?

P VdB : En France, nous avons établi un protocole de lutte avec diverses mesures comme la fermeture de l’élevage, l’abattage des bêtes contaminées, des périmètres de sécurité, etc. Depuis 6 mois, nous réfléchissons à comment mettre en place ce protocole rapidement. Il faut savoir qu’il y a eu un cas de peste porcine africaine déclaré en Belgique, il y a quelques mois. En France, nous avons mis en place des barrières dans le nord du pays, et les services sanitaires français ont été très réactifs sur la mise en œuvre des premiers éléments du protocole de lutte contre cette épidémie. Si nous poursuivons les efforts en ce sens, nous continuerons à nous prémunir de cette maladie.  

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