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Inquiétude sur le financement des dégâts de gibier

La réforme de la chasse suscite beaucoup de craintes du côté des chasseurs, notamment sur la question du financement des dégâts de gibiers avertit Gérard Génichon, le président de la fédération des chasseurs de l’Indre.

Actuellement, plusieurs fédérations départementales sont déjà en cessation de paiement et ne peuvent plus couvrir les dégâts.
© FNC

 La réforme de la chasse est entrée en application depuis le mois de juillet. Une réforme pleine de promesses, du moins sur le papier, car les représentants des chasseurs restent méfiants voire inquiets quant aux conséquences qu’elle pourrait engendrer. C’est le cas de Gérard Génichon, président de la fédération des chasseurs de l’Indre.

 

La nouvelle réforme de la chasse était l’actualité dominante à l’ouverture de cette nouvelle saison. Concrètement, quels changements sont à attendre ?

Gérard Génichon : Pour les chasseurs, le point clé est la diminution du prix du permis de chasse national qui passe à 205 €. Cette décision était censée influer sur le nombre de chasseurs, mais dans la réalité, cette politique du prix n’est pas aussi incitative qu’espéré. Je dirais même que cela risque de faire baisser les statistiques en diminuant le nombre de permis départementaux. L’autre mesure phare est la création de l’Office National de la Biodiversité. Cette nouvelle entité regroupe desormais les anciennes AFB (Agence Française pour la Biodiversité) et ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), avec un objectif affiché de préserver et de restaurer la biodiversité. Malheureusement pour nous chasseurs, notre pouvoir de décision a été réduit, seuls 4 représentants de la chasse peuvent siéger au conseil d’administration de l’AFB contre 10 auparavant à l’ONCFS).

 

La création de l’AFB induit également une fusion des différentes comptabilités ?

G. G. : C’est exact, cette nouvelle gestion est censée assurer un financement pour l’ensemble des missions de l’AFB. Et nous sommes très inquiets concernant le budget alloué aux dégâts de gibiers. Le financement était principalement alimenté par les bracelets et les permis de chasse. La réduction du prix du permis national a entrainé l’exonération du timbre grand gibier. En compensation, il a été décidé d’instaurer une taxe aux territoires dont devront s’acquitter les chasseurs. Son montant est très variable selon les secteurs et le type de milieu, dans certains départements cette cotisation est très élevée. Le problème c’est que cette taxe concerne uniquement les territoires dotés d’un plan de chasse et la question de l’équilibre budgétaire reste en suspens. Actuellement, plusieurs fédérations départementales sont déjà en cessation de paiement et ne peuvent plus couvrir les dégâts. Dans notre département, j’estime dans la situation actuelle, que nous pourrons continuer à financer les dégâts pendant encore une année, après je ne sais pas.

Quelles sont les solutions envisagées pour permettre d’équilibrer le budget ?

G. G. : La seule solution à ce jour est d’exhorter les chasseurs à tirer plus de sangliers. Cette espèce est la principale cause des dégâts occasionnés sur le territoire. Il faut absolument enrayer la situation, car je le répète, sans cette prise de conscience collective, la fédération de chasse ne pourra plus assurer le remboursement des dégâts.

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