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La forteresse de Cluis traverse les âges

L’imposante forteresse féodale de Cluis-dessous domine la vallée de la Bouzanne depuis plus de 900 ans. Les ruines de cette place forte sont consolidées tous les étés depuis les années 2000. Une initiative contribuant à la sauvegarde d’un patrimoine qui a connu ses heures de gloire lors de la guerre de Cent Ans.  

De la forteresse de Cluis-dessous, il ne reste que des vestiges plus ou moins bien conservés, à l’image de l’entrée, du pont levis, du donjon et des corps de logis. Derrière ces imposants remparts se cache un pan de l’histoire indrienne, voire de France.

DE LA DIVISION NAQUIT UNE FORTERESSE

Les archives nous apprennent qu’au Xe siècle il y avait à Cluis, un village et un château. Des fouilles archéologiques ont même révélé la présence d’un village gallo-romain sur la partie haute du territoire et d’un peuplement sur l’éperon où a été bâtie plus tard la forteresse. Oui à cette époque, Cluis ne faisait qu’un. A l’aube du XIe siècle, une scission a entrainé la séparation entre Cluis-dessus et Cluis-dessous avec la forteresse. A ce moment-là, Cluis-dessous était sous l’égide de la principauté de Déols, qui était quasi aussi grande que l’actuel département de l’Indre. Cette dernière était dépendante du duché d’Aquitaine. Les forteresses à l’époque étaient surtout construites en bois et en torchis, l’usage de la pierre était plutôt rare. Les diagnostics archéologiques annuels sur le site ont mis en avant des éléments du mur qui dateraient des Carolingiens, c’est-àdire du IXe siècle.

GUERRE DE CENT ANS, SES HEURES DE GLOIRE

Au début du XIIIe (vers 1200), les seigneurs de Chauvigny, alors maîtres de Cluis-dessous, ont été tenus de rendre hommage au roi de France. La forteresse de Cluis devient alors une des places fortes du département lors de la guerre de Cent Ans. En effet, dans l’espace frontalier entre la France et l’Aquitaine anglaise, des châteaux, bourgs castraux ou encore maisons fortifiées ponctuaient le territoire principalement en vallées de l’Anglin, de la Creuse, de la Bouzanne, de l’Indre et de l’Arnon. Dans le détail, de la grosse tour partent des courtines, flanquées de trois tours à meurtrières plus petites. Ces courtines rejoignent la porte d’entrée en ogive fermée par deux vantaux de chêne garnis de clous à têtes apparentes, elle-même encadrée par deux tourelles munies d’archères. Une rampe oblique y donnait accès et se terminait par une barbacane. Un mur intérieur devait sans doute ceinturer une petite cour entre le donjon, la chapelle et la maison seigneuriale composée d’un logis rectangulaire, d’une tourelle d’escalier. Les bâtiments de logis ont vraisemblablement été construits vers la fin du XIVe- début XVe. A l’issue de la guerre de Cent Ans, la forteresse de Cluis-dessous, en tant que place forte, perd de sa superbe ; de plus le dernier seigneur de Chauvigny, Guy II (également seigneur de Châteauroux), y décède en 1422.  

 


Préserver l’existant comme trace du passé

Depuis les années 2000 sont effectués des chantiers de consolidation pour assurer une meilleure conservation des ruines existantes. A travers l’intermédiaire de l’association nationale Rempart, des jeunes bénévoles viennent œuvrer sur le site durant quatre semaines en été. Cette année, ce sera du 16 juillet au 13 août. L’association de sauvegarde des sites de Cluis détermine les éléments à consolider, s’en suit un diagnostic archéologique. Après validation de la Drac, les chantiers de consolidation peuvent être organisés. Il s’agit de la cristallisation de la maçon nerie d’une portion de courtine de la forteresse avec démontage des maçonneries déstabilisées et rénovation avec de la chaux NHL, du sable de rivière, du sable rouge local et les pierres du site. La consolidation des parties plus risquées ou né cessitant du matériel et savoirfaire est réalisée par des professionnels, comme ce fut le cas dernièrement pour la tour. Lors des chantiers estivaux, il est possible de visiter la forteresse, voire d’avoir une visite guidée des travaux effectués par les jeunes bénévoles.
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