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Diversification
La graine de consommation, un pari d’avenir

Victor Renaudat a fait le choix d’investir dans la culture de graines alimentaires. Une décision profitable pour le jeune agriculteur, remarqué par le jury du concours Graines d’agriculteurs.

Graines d’agriculteurs est un concours qui met en avant les nouveaux talents de l’agriculture. Les critères économiques, de qualité et de cohérence du projet sont étudiés afin d’établir un classement entre les différents candidats. Cette année, c’est le thème de l’agro gastronomie qui a été choisi pour récompenser des agriculteurs installés entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2017. Après plus de 60 candidatures, 10 agriculteurs ont été sélectionnés pour le vote final qui interviendra début septembre, dont un Indrien.

 

Le bio, une aide à la valorisation

 

Victor Renaudat fait effectivement partie des 10 finalistes. Installé depuis 2016 à Vicq-Exemplet, il a spécialisé sa production dans la commercialisation de graines de consommation bio. « J’ai repris une exploitation d’élevage bovin que j’ai fait évoluer vers la grande culture, explique-t-il. Je souhaitais m’installer en agriculture biologique car cela permet une meilleure valorisation des productions. Ceci dit lors de mon installation, je n’avais pas encore de notions sur les marchés existants ou sur les possibilités de diversification. Grâce à l’expérience accumulée sur l’exploitation de mon père spécialisée dans la vente de semences, j’ai commencé à rechercher des cultures singulières qui pouvaient être utilisées dans l’alimentation. »

 

Un assolement long pour plus de sécurité économique

 

Le jeune agriculteur met en place des rotations longues composées de 18 espèces avec une grande diversité dans les cultures de printemps. Il fait régulièrement des essais de variétés, notamment en céréales. « Nous n’implantons que des blés de force, précise- t-il. Nous travaillons avec des meuniers qui ont besoin d’un grain riche en protéine. Récemment nous avons testé le blé khorozan, une variété ancienne qui a la particularité d’avoir un taux protéinique plus élevé qu’un blé tendre. Nous avons également intégré de l’épeautre dans notre rotation, mais aussi d’autres cultures plus exotiques comme le haricot rouge, le riz fluvial, le maïs popcorn ou la patate douce. C’est une sécurité pour le maintien de notre exploitation.»

 

Toujours dans cette optique de proposer des graines alimentaires, Victor s’est intéressé à des filières pouvant apporter une forte valeur ajoutée. C’est le cas notamment pour le tournesol strié ou la courge. Il a investi dans la construction d’un séchoir et dans des machines spécifiques pour l’extraction ou le décorticage des graines. Celles de tournesol sont présentées sous forme décortiquée ou torréfiée, puis vendues dans des magasins spécialisés. « Nous utilisons une variété particulière de tournesol, plus grosse pour pouvoir travailler la graine plus facilement. Nous les commercialisons pour les pipas ou les amandes. »

 

Investir pour plus de débouchés

 

Pour la courge, le procédé est différent. La graine fraîche n’est en effet viable pour la consommation que 6 heures après la récolte. Le séchage doit se faire très rapidement. Le process consiste dans un premier temps à andainer les courges pour faciliter le travail de la machine de récolte. Une fois les graines séparées de la pulpe, elles sont envoyées au séchoir pendant 13 heures.

 

« Nous sommes les premiers en France à produire de la graine de courge bio. C’est notre deuxième année de récolte. C’est une production qui réclame de très gros investissements matériels (près de 400 000 ), et elle est très gourmande en eau. Mais la demande est importante auprès des boulangers ou des magasins bio. Les graines doivent être envoyées immédiatement dans le séchoir, c’est lui qui détermine la durée de la récolte », détaille le jeune agriculteur.

 

D’autres projets vont voir le jour sur l’exploitation de Victor et notamment un labo de cuisine d’ici la fin de l’été. « Nous recherchons la meilleure valeur ajoutée possible par rapport à nos cultures. Nous sommes déjà bien implantés dans le marché du bio, l’atelier cuisine nous permettra de nous positionner sur une autre partie de la filière. »

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