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Solidarité
L’agriculture : une clef pour s’insérer

Afghan et Soudanais, dix jeunes réfugiés sont actuellement accueillis au lycée agricole de Châteauroux. Ils apprennent à travailler la terre. Après la théorie, la pratique. Un appel est lancé aux agriculteurs qui pourraient les accueillir en stage.

Ils ont fui leurs pays, le Soudan et l’Afghanistan. Ils ont connu l’errance des années durant. Ils ont vécu le démantèlement des camps. Enfin, l’administration française leur a accordé le statut de réfugiés. Dix d’entre eux, pour la plupart âgés d’une trentaine d’années, sont actuellement accueillis au lycée Naturapolis de Châteauroux dans le cadre d’une formation aux premiers gestes des métiers de l’agriculture. Elle s’étalera sur neuf semaines entrecoupées par des stages en entreprises. Chez des agriculteurs qui auront la volonté de leur consacrer un peu de leur temps, de leur ouvrir leur porte et peut-être aussi leur coeur.

Directrice du centre de formation pour apprentis (CFA) et du Centre de formation professionnelle pour adultes (CFPPA), Sylvie Cheneau, explique comment les choses se sont mises en place. « Nous avons été sollicités par les responsables de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP). On nous proposait d’offrir une formation qui puisse mener vers une véritable insertion. Nous avions la compétence, les équipes et le financement de la Région. J’ai tout de suite dit on y va. »

Emilie Esclapez, chef de service d’un centre d’accueil et d’orientation de l’Association interdépartementale pour le développement des actions en faveur des personnes handicapées et inadaptées (Aidaphi) se souvient : « Le contact initial remonte à juillet 2018. Une première réunion a été organisée en septembre à laquelle ont participé les représentants de la Région, du Département, de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), de la chambre d’agriculture, de la DDCSPP, de Pôle Emploi, de l’association et du lycée. Notre mission est d’insérer ce public reconnu par l’administration et donc protégé. Pour y parvenir, une voie s’imposait. Celle de l’agriculture. Tout simplement parce que les réfugiés ont tous des compétences dans le domaine. Ils ont, en effet, souvent travaillé la terre pour se nourrir dans des pays où l’agriculture est la première des ressources »

Une vraie belle aventure

L’action actuellement menée se poursuivra jusqu’à la fi n avril. Elle est expérimentale. Jamais une formation n’avait été exclusivement réservée à des réfugiés, en tout cas à un public spécifi que. Sylvie Cheneau s’en réjouit. « L’idée est de s’appuyer sur leurs compétences, en dépassant la barrière de la langue. C’est pédagogiquement et humainement une vraie belle aventure. » Au programme des nouveaux arrivants, des approches dans différentes activités. Côté grandes cultures, ils apprendront à reconnaître les céréales, le matériel. En à peine deux semaines, ils ont déjà tous eu plusieurs fois l’occasion de conduire un tracteur. Initiation à la mécanique aussi. En matière d’élevage, les stagiaires verront comment nourrir et soigner les animaux, ovins, bovins et caprins.

Dans le domaine des espaces verts, ils apprendront à identifier certaines plantes et, par exemple, à passer la tondeuse. Enfin, le bouturage et la division des végétaux seront au programme de la sensibilisation à l’horticulture. « Malgré la barrière de la langue, constate Sylvie Cheneau, les choses avancent très vite. Nous sommes ravis des progrès observés dès la première quinzaine. Reste à espérer maintenant que les tabous sociétaux soient levés pour que des agriculteurs relaient notre action en accueillant ces jeunes gens sur leurs exploitations. »

Les agriculteurs souhaitant participer à cette belle aventure sont invités à prendre, au plus vite, contact avec Sylvie Cheneau au 02.54.53.11.20. Jean-Jacques Brissemoret, formateur en agro-équipement, est, lui aussi, surpris de la vitesse avec laquelle les participants assimilent des données toutes nouvelles pour eux. Même satisfaction chez ces jeunes gens véritablement enthousiastes.  

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