Aller au contenu principal

Le ministre veut s’inspirer des apprenants pour conclure un pacte agricole

Réfléchir aux sujets à porter pour l’agriculture de demain, dans un contexte de dérèglements divers, voilà l’objet de la concertation lancée par le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, ce lundi, à l’agrocampus de Tours-Fondettes en Indre-et-Loire.

Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture, s’est déplacé en Indre-et-Loire le lundi 9 janvier, pour venir à la rencontre des élèves de Tours-Fondettes agrocampus. Il initiait ainsi une concertation nationale, régionale et dans les établissements de l’enseignement agricole. Le but : conclure un pacte pour relever le défi de renouveler les générations en agriculture, dans une période de transitions économique, géopolitique et climatique. « Nous lançons ces travaux pour cinq mois, avec l’objectif de proposer un texte cet été. Il ne s’agira pas que d’un texte. Nous avons besoin d’orientations, d’inspirations, d’un pacte », a introduit le ministre. Seize apprenants de l’agrocampus ont échangé avec lui, lors de mini tables rondes ayant pour thèmes : le choix d’un métier dans la production agricole, la souveraineté alimentaire, l’orientation, l’entrée dans la vie professionnelle et le changement climatique. A la tribune, des jeunes déterminés, qui ont fait part de leurs parcours, mais aussi de leurs doutes, leurs inquiétudes face à l’avenir par rapport à l’augmentation des charges, le changement climatique, la dépendance au marché mondial. Avec la passion comme f il conducteur.

LA RICHESSE DE PROFILS DIVERSIFIÉS

La diversité de leurs profils est frappante. Certains sont issus du milieu agricole, d’autres non. Mais une fois cela dit, des parcours très divers se dessinent. Les nombreux apprenants en reconversion proviennent de tous horizons : sciences politiques, ingénieur dans le nucléaire, éducateur spécialisé, instituteur, BTS gestion et protection de la nature… Valentine, en BPREA pour se reconvertir, estime que l’agriculture « c’est un choix courageux, auquel on nous encourage peu. » « Les profils en reconversion, qui arrivent en agriculture après une autre expérience, constituent une vraie richesse. Ils apportent aussi une diversité dans les projets, ce qui est positif », se réjouit le ministre. La souveraineté alimentaire a été évoquée sous différents angles. L’autonomie alimentaire des troupeaux, qui permet elle-même de nourrir les Hommes, l’autonomie en énergie et en engrais de synthèse qui serait souhaitable, mais aussi la nécessité de produire en assurant un prix raisonnable pour le consommateur. « Il n’y a pas de souveraineté si on ne donne pas de la valeur à l’alimentation. Un bon prix, ce n’est pas le prix le plus bas, rappelle le ministre. Il faut arriver à être indépendant, tout en assurant des interdépendances avec d’autres pays. La souveraineté doit être collective, pour que la sécurité alimentaire bénéficie à tout le monde. » Du côté du changement climatique, les agriculteurs doivent non seulement s’y adapter, mais aussi trouver des solutions pour lutter contre. « Mon père doit trouver des alternatives, mais il y a tellement de temps à consacrer à l’aspect administratif dans une ferme qu’il est difficile de trouver le temps de chercher des solutions. Les agriculteurs passent plus de temps derrière leur bureau que dans leurs bottes ! », constate Clara Poust, en deuxième année de BTSA productions animales.

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE REMET LES SCHÉMAS  EN QUESTION

Le changement climatique est encore plus concret pour Ayva, originaire du Vanuatu (Mélanésie française), en deuxième année de BTSA productions animales : « au Vanuatu, on constate déjà la montée des eaux et l’allongement de la saison des pluies. » « La règle, c’est désormais l’aléa. Or, on a construit notre système notamment sur des origines géographiques, mais comment le consolider quand demain la moitié des facteurs de terroir aura changé ?, questionne le ministre. Beaucoup de choses sont à remettre en question. » Parmi les récits de parcours, la question du sens était omniprésente. « On touche au vivant, au défi alimentaire, au changement climatique, cela porte ces jeunes. Et l’enseignement, agricole et général, permet le plus souvent de laisser des portes ouvertes, pour bifurquer et que chacun trouve sa place », constate Marc Fesneau. Plusieurs jeunes ont mis en avant l’ouverture et l’expérience apportées par leurs stages et leurs missions en service de remplacement. De nombreuses pistes de réflexion sont ressorties des échanges : face à l’investissement de plus en plus important pour s’installer, réfléchir au portage des capitaux ; poser des éléments de stabilité pour ces métiers ; aller vers un modèle plus rémunérateur ; améliorer les conditions de travail ; accompagner vers la décarbonation ; construire des éléments de régulation du foncier… Le ministre s’est réjoui de ce débat très riche et spontané, qui lui a confirmé l’intérêt de donner la parole à ceux qui feront l’agriculture demain.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 93€
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Aurore Paysanne
Consultez le journal L'Aurore Paysanne au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal L'Aurore Paysanne
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Vous aimerez aussi

Virginie Elion, maire d'Aigurande, salue l'engagement des JA pour l'organisation de Terr'Agri sur ses terres et pour leur détermination au quotidien sur leurs exploitations. ©B.R
« Valoriser le dynamisme de nos jeunes agriculteurs »

Pour l’organisation de leur événement, les Jeunes Agriculteurs de l’Indre et du canton Boischaut sud peuvent compter sur le soutien indéfectible de

Terr’Agri 2026 : trois jours de fête agricole

 Les 4, 5 et 6 septembre, Aigurande accueillera Terr’Agri, grand rendez-vous festif et agricole organisé par les Jeunes Agriculteurs de l

Sur le pôle équin, les plus jeunes pourront découvrir la sensation de monter grâce à un tour en poney, comme ce fut le cas lors du dernier Terr'Agri à Levroux. © Écurie de Pouzelas
L'univers équestre s'invite à Terr'Agri

Grande nouveauté de cette édition de Terr'Agri, le pôle équin fera son apparition avec une ambition : faire découvrir au grand public la riche

Julien Pascal et Théo Tibaut, du canton d'Issoudun, transforment une R19 en traine-cul. ©B.R
Les traines-cul en cours de préparation

A quelques semaines de Terr’Agri, les cantons préparent leurs machines : moiss'batt et traine-cul.

©JA36
Inédit : un grand loto le 4 septembre

En amont de Terr’Agri, les JA 36 accueillent le public pour une soirée jeu avec un super loto.

La viande issue de la jeune charolaise de 3 ans de Jérôme Baritaud (en photo) et la vache de réforme de Kévin Baillon devraient couvrir le repas du samedi 5 septembre soir et du dimanche 6 septembre midi. ©M.G
Servir de la viande de qualité

Les 5 et 6 septembre, à Aigurande, les visiteurs de Terr’agri pourront se régaler avec les cuisses à la broche et le Berry burger.

Publicité