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Patrimoine
Le train du Bas Berry, un voyage vers l’avenir

Quoi de mieux que le train pour découvrir les paysages d’une région ! En Boischaut nord, sillonne depuis plus de 15 ans le train du Bas Berry. Un moyen de transport touristique mais pas que…

Le train, son avènement au 19ème siècle était une révolution pour le transport des passagers. Au fil des décennies, son réseau s’est étendu sur l’ensemble du territoire français dont le département de l’Indre. Des territoires ruraux auparavant isolés ont vu l’arrivée du chemin de fer comme ce fut le cas pour les habitants d’Argy et de Valençay.

 

Une renaissance née de passionnés

Construite en 1902, cette portion de la ligne métrique* Le Blanc Argent fut démantelée en 1988. Depuis lors, un groupe de passionnés s’est attaché à remettre en fonctionnement ce morceau d’histoire, inscrit pour une partie aux monuments historiques.

La SABA (Société pour l’Animation du Blanc Argent) accompagnée des élus locaux a réussi à sauver de l’oubli cette ligne qu’empruntaient auparavant des centaines de voyageurs. Mais ce ne fut pas chose facile. Plus grande voie métrique de France avec 42 km, le parcours entre Argy et Valencay nécessite des travaux réguliers. Or les voies métriques ont été remplacées par des lignes dites normales avec un écartement de rails plus large. Les matériaux sont extrêmement difficiles à se procurer et les coûts de fonctionnement sont très élevés.

 

Pour Mireille Chalopin, adjointe à la mairie de Luçay-le-Mâle et présidente du syndicat mixte pour la valorisation de la ligne Argy-Valençay, gestionnaire de la ligne de chemin de fer, le train du Bas Berry est malgré tout un outil touristique important pour le territoire et un patrimoine à préserver. « Pour les habitants, ce train a une signification, il reste ancré dans la mémoire de chacun. Le transport des passagers s’est arrêté en 1980, les enfants le prenaient pour aller au collège, ce sont des souvenirs que beaucoup souhaitent revivre. Et puis c’est également une possibilité de découvrir notre région autrement. C’est dans cette optique que nous souhaitions nous raccorder à la gare de Valençay, pour que les voyageurs puissent emprunter le réseau TER. C’est désormais chose faite depuis l’année dernière suite à une convention passée avec la SNCF. C’est un budget important, c’est vrai, mais il existe beaucoup de volonté de la part de la SABA ou des élus pour faire perdurer ce train. »

 

 Un patrimoine  à découvrir

Tout au long du trajet, les voyageurs peuvent découvrir tout un patrimoine ferroviaire. Des anciennes gares décorées de carreaux de faïence représentant des feuilles de marronniers, symbole de la ligne, aux vestiges du temps passé des machines à vapeur, c’est un véritable voyage dans le temps auquel sont conviés ceux qui prennent place dans les wagons.

 

Cette ambiance est d’autant plus vraie, lorsque l’une des machines à vapeur rénovée par les membres de la SABA prend la tête des voitures. « Nous avons un parc matériel très fourni avec des locomotives, des draisines, des autorails et plusieurs voitures et wagons, décrit un membre actif de l’association. Mais toutes ces machines ne sont pas en état de marche. Nous sommes bénévoles et cela prend du temps de les rénover. Certaines d’entre elles ont plus de cent ans et retrouver des pièces est très compliqué. Et puis ce n’est pas comme réparer une voiture, ce sont des matériaux très lourds. Leur manipulation peut être dangereuse. »

La corpet louvet 020 T ne peut pas parcourir les 42 km de la ligne. Même si elle est suffisamment puissante pour tracter plusieurs voitures, certains secteurs ont des dénivelés trop importants pour elle, sans parler de sa consommation en eau et en charbon. « Pour faire fonctionner ces machines, nous devons faire venir du charbon de Russie qui possède un meilleur pouvoir calorique, précise Mireille Chalopin. De plus, leur consommation en eau est très importante pour pouvoir leur donner toute la puissance nécessaire. Depuis peu de temps, nous avons vu l’arrivée sur notre ligne de deux autorail X240. Ce sont des machines qui ont circulé sur le réseau TER du BA. Les remettre en circulation est un petit clin d’œil à l’histoire. »

Tous les mercredis entre juillet et août et tous les dimanches jusqu’au mois de septembre, le train du Bas Berry effectue la navette entre Ecueillé et Valençay. Des animations sont organisées à l’occasion de journées spéciales comme le lundi de Pâques, au mois de décembre avec le train du père Noël ou dans quelques semaines, le 17  août, avec un cinéma de plein air.

 

Depuis 2003, le souvenir du train s’est transformé en réalité. Les élus de la communauté de communes d’Ecueillé-Valençay et les bénévoles de la SABA ont réussi leur pari. Tous souhaitent persévérer dans cette voie et prouver que le train à toujours un avenir dans le Boischaut nord.  

 

 

 

 

* La voie métrique a un espacement entre les rails de 1 000 mm. Celui de la voie normale, utilisée sur le réseau ferroviaire actuel, est de 1 435 mm.
 

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