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METIER
Magasinier, le couteau suisse du silo

Depuis cinq ans, Thomas Guerois est magasinier à la coopérative Axéréal. Premier lien avec les adhérents, il présente les ficelles de son métier, souvent méconnu.

Fils de paysan, Thomas Guerois a suivi un bac, puis un BTS agricole avant de travailler une saison chez un céréalier. Lassé par le poste d’ouvrier en ferme, il postule comme saisonnier chez Axéréal. Il a été embauché en CDI en tant que magasinier il y a trois ans.

« Je fais partie de l’équipe mobile, je me déplace sur trois silos en fonction de l’activité, introduit le jeune homme. Même si je passe la majorité de mon temps sur le site de Monnaie. » Effectivement, plus de 5 000 tonnes de tournesol y sont séchées chaque année

.

Intrants et récoltes

En fonction de la saison, le jeune homme alterne entre les appros et la collecte. « J’estime à un quart mon temps consacré aux appros. Réception, conditionnement et expédition des doses de semences, distribution des produits phytos ou de l’aliment du bétail, transfert de big-bags d’engrais sont mes principales missions », détaille-t-il. Sans oublier les collectes Adivalor où il faut contrôler les emballages ramenés par les paysans, avant d’en assurer la logistique pour leur recyclage. Les trois quarts du temps de Thomas Guérois sont donc consacrés à la collecte. En amont de la moisson, le nettoyage du silo est une mission à part entière. « À deux opérateurs, il faut une demi-journée pour nettoyer une cellule. À Monnaie, on en a seize… », illustre le jeune homme, avant de poursuivre : « Nous avons deux grosses périodes qui correspondent aux moissons. À chaque benne, le processus est le même. Pesée, prise d’échantillon pour la recherche des caractéristiques qualitatifs (PS, humidité, impuretés, protéines), puis déchargement. »

En fonction des apporteurs et du contexte de l’année, Thomas Guerois doit ensuite alloter sa marchandise. « L’objectif est de faire des mélanges afin de disposer de lots qui répondent aux contrats souscrits entre la coopérative et ses clients », explique-t-il. D’autant que plusieurs agriculteurs livreurs sont engagés dans des démarches de qualité. « J’ai cinq filières particulières sur les blés (HVE, biscuitier, etc.). Ces bennes-là, je ne dois pas les mélanger », précise-t-il.

La ventilation des cellules et la prise de température sont aussi une de ses tâches pour surveiller la présence ou non d’insectes. Durant ces deux périodes, Thomas Guerois doit également manager deux saisonniers.

 

Je dois être en capacité de répondre à l'imprévu

 

De multiples missions annexes

Plusieurs heures par semaine, il se consacre à l’administratif. « Le suivi informatique, en appros comme en collecte, est une mission à part entière. Les enjeux sont conséquents, notamment en termes de traçabilité », expose-t-il.

Puis vient le temps des expéditions, à destination des meuneries ou des ports. « Nous commençons à remplir les boisseaux courant août, après les avoir nettoyés », indique-t-il.

Pour des raisons de risque de mélange dans les bennes des camions, les élévateurs ou les reddlers, aucun grain de blé n’est expédié durant la récolte des tournesols. Les départs s’étalent ensuite sur l’année. Autre mission, la gestion courante du silo. « Je dois être en capacité de répondre à l’imprévu : bourrage, bouchon de poussière, courroie défectueuse… », décrit-il. L’entretien et le graissage des vis et autres élévateurs font aussi partie de ses missions. Sans négliger la propreté générale du site. « Dans les bâtiments, mais aussi à l’extérieur avec l’entretien des espaces verts », ajoute-t-il.

Enfin, l’aspect sécurité est une évidence pour le jeune homme comme pour sa hiérarchie. « On ne peut pas parler de métier à risques en soi, mais nous travaillons régulièrement en hauteur, dans un environnement poussiéreux et souvent exigu. Nous manipulons également des produits dangereux », raconte le magasinier. Le port de la casquette coquée, du gilet jaune et des chaussures de sécurité sont obligatoires, « et c’est tant mieux », convient Thomas Guerois.

Le jeune homme apprécie l’ambiance de travail. « J’ai la chance d’évoluer dans une équipe jeune et dynamique et d’avoir une certaine liberté dans l’organisation de mon quotidien. Et puis on crée des liens avec la trentaine d’adhérents qui nous amène leurs marchandises. Magasinier, c’est un job méconnu, mais finalement très diversifié », conclut-il.  

 

 

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