Aller au contenu principal

Modestine, la génisse qui marche contre le cancer

En juillet dernier, Corentin Huber, son grand-père et leur génisse Modestine se sont lancés dans un incroyable projet : traverser la France à pied pour récolter des dons au profit de la lutte contre le cancer. 760 km au compteur, parcourus en un mois et demi, 8 500 euros de dons récoltés, et des souvenirs inoubliables.

Modestine, Corentin  Hubert et André Kammerer ont pris la route le 18 juillet au départ de Breitenbach (BasRhin) pour rallier Gentioux-Pigerolles (Creuse). « Ça faisait déjà quelques années que je voulais voyager avec des bovins. Il y a cinq ans, ma grand-mère a été victime du cancer du sein. C’était un choc. Elle s’en est sortie indemne, mais tout le monde n’a pas cette chance », souffle Corentin. C’est à la suite de cet évènement qu’il décide d’assembler cette lutte contre le cancer à ce désir de marcher sur une longue distance. « Lorsque j’ai soumis l’idée à mon grand-père, il était dubitatif. » Si bien qu’André Kammerer, retraité de 66 ans, refuse de le laisser partir seul, et décide de l’accompagner dans cette folle aventure. La nouvelle fait rapidement le tour de la famille, puis celui des médias. « Ça faisait rêver les gens. Tout le monde pensait ça impossible et trouvait ça grandiose à la fois. Pourtant, qu’est-ce qu’on a fait d’extraordinaire ? On a marché avec une vache », ironise Corentin Huber. 

Au rythme de Modestine 

Avant d’enfiler leurs chaussures de marche, les trois aventuriers ont testé leurs capacités pendant quelques jours. Ils ont parcouru 30 km en trois jours, une distance suffisante pour estimer la viabilité de leur projet. Au moment de se lancer dans le grand bain, les craintes de Corentin et de son grand-père se portent vers Modestine. « Au début, Modestine n’arrivait pas à suivre. Nous nous sommes adaptés à son rythme. Si elle marchait bien, nous marchions beaucoup. Si elle ne suivait pas, on ralentissait, on faisait des pauses », raconte Corentin. Très vite, la marche a conquis la génisse, et le trio a pris un grand plaisir dans cette expérience. Corentin raconte : « le premier jour, elle me suivait, me faisait confiance. 

Le jour suivant elle était de moins en moins peureuse, le troisième jour nous avons parcouru douze kilomètres. Arrivée dans le centre de Ribeauvillé, elle était toujours aussi calme, malgré le monde et la taille de la ville ». Mais après de nombreux kilomètres dans les pattes, Modestine a vu ses sabots usés très rapidement par les différents chemins du trajet et elle a donc, elle aussi, eu droit à ses chaussures de marche. « Ce n’est pas tous les jours que l’on souhaite faire fabriquer des chaussures pour un bovin, cela n’a pas été chose simple  », explique Corentin Huber avec amusement. Par chance, un de leurs contacts les a menés vers un fabricant, qui a pu soulager les sabots de Modestine afin que l’équipe reprenne sereinement la route. Avant l’aube, la priorité était à la recherche d’un terrain vert pour que la génisse puisse se reposer, brouter et ruminer avant de retourner à l’effort. L’écoute et la solidarité à toute épreuve ont payé : le trio a parcouru entre 15 et 24 km par jour et a atteint la destination finale avec presque un mois d’avance. 

Au fil des rencontres 

« Puisque nous avons marché au rythme de Modestine, nous n’avons pas organisé de rendezvous dans nos villes d’escale », raconte Corentin Huber. Ce qui ne les a pas empêchés de rencontrer de nombreuses personnes qui ont marqué leur voyage. « Des personnes s’arrêtaient en voiture, venaient discuter, faisaient une partie du chemin avec nous », relate-t-il. C’est le cas de la présidente de l’association des amis de SaintJacques-de-Compostelle, qui a marché cinq jours avec eux, et leur a rendu service en traçant le meilleur itinéraire pour les premiers jours. « Elle s’est totalement prise au jeu, explique Corentin. Marcher avec un bovin, c’est un rythme différent, des discussions et des pensées différentes. » Il ravive son souvenir le plus marquant, lors d’un moment critique, le premier samedi de leur randonnée, à l’entrée de Wattwiller. « Cela faisait quatre jours qu’on marchait, Modestine était épuisée. Elle ne pouvait plus continuer. 

Nous avons repéré un pré et l’avons atteint pour savoir à qui il appartenait. Un couple nous a accueillis, Modestine a pu profiter du pré, nous avons mangé ensemble et même passé la nuit chez eux. Ils nous ont sauvés la journée », se souvient-il. Pour terminer le trajet en beauté, la grand-mère de Corentin les a rejoints pour les huit derniers kilomètres. « Ça nous paraissait très important, symboliquement, qu’elle finisse la marche avec nous. » Et durant cette folle aventure, semée d’embûches mais de belles rencontres, Corentin Huber et André Kammerer n’ont cessé de rappeler leur lutte, ce qui leur tient à cœur : s’investir pour la lutte contre le cancer en sollicitant un maximum de dons. Ceux-ci sont récoltés sur la cagnotte en ligne « La Corne Rose » qui est toujours active et s’élèvent actuellement à 8 500 €. Prochaine étape : Corentin envisage un deuxième chapitre à cette aventure engagée, en compagnie de Modestine. Cette fois-ci, il aimerait faire découvrir l’océan à sa compagne de voyage.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 6.75€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Aurore Paysanne
Consultez le journal L'Aurore Paysanne au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal L'Aurore Paysanne
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Vous aimerez aussi

De meilleures conditions de travail à venir pour les aides à domicile de l’Indre

Familles Rurales de l’Indre a entamé un projet expérimental à l’aide de La Grande Bobine, institut territorial des transformations publiques.

Atelier de transformation : bien réfléchir pour le réussir !

 Le GDMA de l’Indre a organisé une formation afin d’aider les porteurs de projets de transformation carnée à conceptualiser et réaliser un ate

Ibrahima Ndiaye, vendeur d’aliments du bétail à Dakar

Jeune Sénégalais, Ibrahima Ndiaye commercialise toutes sortes d’aliments du bétail dans le quartier Yoff, au nord de Dakar.

FDSEA et JA : « faisons appliquer la loi »

 La défense du revenu agricole passe notamment par le respect de la loi Egalim et un affichage de l’origine des produits conforme à la réalité

Trouver les leviers pour se dégager du temps

Cinq ans après son installation à Levroux, Quentin Duterde a construit un bâtiment d’élevage qui lui ressemble et répond à ses aspirations professi

Seuil de Bénavent : plus de peur que de mal pour l’instant

Mauvaise surprise jeudi 15 février, au petit matin, une brèche s’est formée sur le seuil de Bénavent, à PoulignySaint-Pierre.

Publicité