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MOBILIS
« Ne pas disparaître en silence »

Ils en ont marre de se faire balader, de crier leur désespoir, la signature du Mercosur est la goutte qui fait déborder le vase. Lundi 13 janvier, il était près de 110 agriculteurs mobilisés, les axes principaux de Châteauroux étaient occupés par plus de 50 tracteurs et bennes. Une action coup de poing d'envergure.

Le mot d'ordre pour l'action syndicale portée par la FDSEA 36 et JA36 était « tous à la préfecture pour 14 heures ». Un appel à mobilisation très largement suivi.

Pour ce faire, chaque canton avait organisé un convoi afin de rallier Châteauroux. Des opérations escargots sur le trajet, blocage des ronds-points du Maréchal Leclerc (cité administrative) et Louis Deschizeaus (préfecture), délestage de pneus et/ou paille sur tous les ronds-points de Châteauroux intra et extra-muros. Personne ne pouvait ne pas entendre leur colère.

 

« Stop à l'enfumage »

« Ça fait des mois que nous alertons, des mois que nous attendons. On nous écoute mais on ne nous entend pas. Les décisions se prennent ailleurs, toujours à l’encontre du terrain. Quand l’État ne décide, il bloque. Et quand il décide, il nous contourne. Voilà pourquoi la confiance n’existe plus », harangue Jérôme Tellier, président de la FDSEA 36, en prenant la parole au pied de la cité administrative devant un parterre d’agriculteurs. « Parce que pendant que certains parlent au conditionnel, nous, on travaille au réel. Nous payons des factures, nous prenons des risques. Aujourd’hui le message est simple, clair, assumé : des actes maintenant ou le rapport de force continuera. Nous sommes debout, unis, et nous n’accepterons pas de disparaître en silence » a-t-il poursuivi.

Au cœur de la mobilisation, les agriculteurs tenant les ronds-points ont échangé avec la population castelroussine, « assez solidaire de notre action. Cela nous a permis d’expliquer les enjeux des décisions européennes comme le Mercosur, les risques sur la souveraineté alimentaire, etc. », témoignent-ils. Les élus locaux, Gil Avérous, la député Alix Fruchon et les sénatrices ont apporté leur soutien tout au long de la mobilisation syndicale et multiplié les échanges avec les agriculteurs présents.

 

« On parlait d'état d'urgence, maintenant il est question de survie. »

 

Une détresse palpable à la préfecture

En parallèle, une délégation de huit agriculteurs, toutes filières confondues, a été entendue par les services de l’État. « La coupe est pleine ! Il y a une vraie détresse agricole résultant des politiques agricoles des dernières années couplées au contexte économique difficile en raison du cumul des mauvaises années. Il y a encore quelque temps, lors d’une précédente mobilisation on vous faisait part d’un d’état d’urgence, maintenant il est question de survie », insiste Patrick Robin, l'un d'eux, à destination de Thibault Lanxade, le préfet. 

À tour de rôle, les agriculteurs exposent leurs problématiques, les impasses techniques notamment face aux conséquences de la FCO, le manque cruel de trésorerie notamment pour des céréaliers installés depuis moins de 2 ans. « Avec mon conjoint, lui installé depuis 5 ans, on se demande comment on va faire dans 6 mois, pour tenir la ferme, payer nos factures et surtout nourrir nos enfants », s’inquiète une jeune installée, depuis 2023, sur le secteur de Châtillon. Les témoignages criant de vérité attendent un coup de main, pour eux mais pour toute la profession. 

Le préfet rappelle que certains leviers ne sont pas à sa main mais qu’ils peuvent être mobilisables rapidement « notamment l’enveloppe annoncée pour les zones intermédiaires. En réagissant vite, nous pouvons capter une partie des fonds pour le Berry ». En effet, le préfet a annoncé travailler en étroite collaboration avec son homologue du Cher pour jouer la carte Berry lors du déblocage des fonds.

À l’extérieur de la préfecture, l’action syndicale s’est poursuivie avec le déversement du contenu des bennes et un paillage dans les règles des ronds-points tenus depuis le début de l’après-midi. Une fois les bennes vides, la foule d’agriculteurs s’est regroupée en contrebas de la place de la Victoire et des alliés, « nous attendons le retour de la délégation pour savoir ce qui s’y est dit avant de repartir sur nos fermes », indiquent-ils. 

Les échanges avec les services de l’État et la lecture du contenu de la lettre du Premier ministre remise par le préfet n’auront pas convaincu la délégation ni les agriculteurs présents.

 

 

 

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