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PORTAIT - VITICULTURE
Prendre son temps pour s’installer

Le domaine Charpentier, à Reuilly, est une histoire de famille qui s’écrit au fil des générations. Étienne, le benjamin, s’est donné un an et demi pour réaliser son parcours à l’installation. Rencontre.

Devenir viticulteur et s’installer sur l’exploitation familiale a toujours été un objectif pour Étienne Charpentier. Titulaire d’un bac général et d'une licence en droit du vin et de la vigne, il avoue que ses connaissances « avaient été acquises en grandissant sur un domaine viticole. Alors pour les parfaire, j’ai suivi une certification à l’université du vin à Suze-la-Rousse dans le Vaucluse, en œnologie et commercialisation du vin. Cependant, aucun de ces diplômes n'est reconnu comme agricole », explique le jeune viticulteur de 27 ans. Entre-temps, en 2020, il intègre le domaine familial en tant que salarié. « Ça me permet d’avoir un pied dedans, de prendre mes marques et d’acquérir de l’expérience », apprécie-t-il.

"On est bien accompagné par les conseillers installation "
Etienne Charpentier

 

De la souplesse dans l’organisation

En effet, le domaine est à la main de Géraud et Jean-Baptiste, ses grands frères, installés respectivement en 2012 et 2015, suite au départ à la retraite de François, leur père. Chacun a son domaine d’expertise : l’un est plus dans le négoce du vin et la commercialisation, alors que l'autre s’occupe du chai et de la gestion des vignes. L’arrivée d’Étienne, comme salarié et bientôt comme associé, apporte de la souplesse dans l’organisation. « J’aurai le rôle de second de chai. J’assurerai une partie de la commercialisation également. Cela correspondra à 60 à 70 % de mon temps, le reste sera pour la taille des vignes, les moissons… On se complète naturellement. Cette organisation permet à mes frères de se dégager plus de temps pour leur famille et voir grandir leurs enfants. À côté de ça, on essaie d’avoir nos week-ends. Le samedi l’accueil au caveau est uniquement sur rendez-vous et le dimanche, on est au foot car nous sommes tous joueurs », détaille-t-il.

Au quotidien, les frères Charpentier peuvent également compter sur leurs salariés, dont un œuvrant à plein temps au chai depuis sept ans, une dédiée à l’administratif et un chef de culture. « Il est là depuis trente-sept ans, il travaillait en binôme avec papa. C’est un super mécano, il sait tout faire. Il part à la retraite dans deux ans. Avec mon installation, l’objectif est aussi de reprendre petit à petit la main sur les cultures. Ces dernières années, il est vrai que l’on a beaucoup plus travaillé dans les vignes que dans les céréales », concède le futur installé.

Pour gagner du temps et que tous aient le même degré d’information, les frères Charpentier ont mis en place une réunion mensuelle, « tous les premiers lundis du mois, pour faire le point sur tous les sujets concernant l’exploitation, ce qu’il faut faire, les commandes… », précise-t-il. Pour les vendanges, ils passent par un prestataire de service bulgare qui dépêche le nombre de salariés nécessaires.

 

Laisser décanter les informations

« Lors du parcours installation, on nous balance plein d’infos en même temps, et il faut tout comprendre en trois mois. Heureusement que l’on est bien accompagné par les conseillers installation de la chambre d'agriculture et que l’on peut revoir autant de fois que nécessaire les points sur lesquels on a des doutes ou pour s'assurer d'avoir bien compris », apprécie Étienne Charpentier.

Pour une installation en janvier 2026, il a commencé son parcours à l’installation en septembre-octobre 2024 pour se laisser du temps. « Je n’aime pas être pressé pour faire les démarches administratives, avoir une date d’installation assez loin me correspond bien, avoue-t-il. De plus, ça tient compte des délais d’instruction des divers dossiers déposés. » Tout est en bonne voie : le chiffrage est terminé, sont attendus les retours de la banque et du notaire avant de lancer les démarches pour l’autorisation d’exploiter. Une fois installé, il sera gérant associé avec ses frères, et rachètera des parts sociales à son père.

La fratrie sera au complet sur le domaine, lorsqu’Anne-Sophie, la grande sœur, les rejoindra, pour les « soulager sur la partie administrative qui s’avère être lourde, surtout en viticulture », annonce Étienne Charpentier, heureux de travailler en étroite collaboration avec ses frères et sœur. « Travailler en famille, c’est top ! On se parle ouvertement. Nous sommes très soudés, chez nous l’entraide est permanente ». 

 


Clémence Alapetite, animatrice Point accueil installation 36

«Au PAI, je suis la première interlocutrice des porteurs de projets. Dans le cadre de mes missions de service public, je les accompagne jusqu'au stage 21 heures. C'est dans ce cadre que j'ai rencontré et épaulé Etienne. Pour la suite de son accompagnement à l'installation, c'est ma collègue Alix Courseau qui a pris le relai en tant que conseillère entreprise de la chambre d'agriculture. Ce qui est intéressant dans le cas d'Etienne, c'est le fait qu'il a acquis la capacité agricole grâce à son expérience en tant que salarié. En effet, il faut avoir travailler deux ans dans les trois dernières années et avoir a minima un diplôme de niveau 3, c'est-à-dire CAP/BEP. Etienne est largement dans les clous, avec son diplôme de niveau 6 (licence) et ses cinq ans de salariat. »


 

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