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Sangliers et cervidés, même combat !

Tous les acteurs du territoire s'accordent sur le fait que les populations de sangliers et de cervidés sont devenues incontrôlables et causent de plus en plus de dégâts sur les cultures et les forêts. Le mot d'ordre « du chasser plus » n'a que peu d'effet. Un ras-le-bol généralisé se fait entendre.  

Face la surpopulation, à la hausse des dégâts de gibier, la FDC 36 incite les chasseurs à accroître la pression de chasse.

Il y a un problème et un gros ! Les populations n'ont jamais été aussi importantes même chassées de toutes parts. Les prélèvements réalisés n'ont pas de réels impacts. Il y en a toujours autant ! » constate Nicolas Rudeau, céréalier sur Rivarennes et représentant de la FDSEA au comité technique du Massif 14.

Sur le secteur les échos sont unanimes, les animaux sont de plus en plus nombreux, visibles de jour comme de nuit, partout. Son de cloche identique sur le secteur de La Châtre où certains éleveurs pensent se remettre à la chasse « pour déloger les cochons des parcelles et faire de la régulation. Rares sont les parcelles où les sangliers ne sont pas présents. Phénomène que nous ne connaissions pas aussi marqué les années précédentes », témoignent-ils.

« Je suis conscient du problème et je ne suis pas le dernier à tirer la sonnette d'alarme, depuis des années », répond Gérard Génichon, président de la fédération départementale des chasseurs de l'Indre (FDC 36). En 2021, la conjoncture a été favorable au développement des populations, du fait du manque de fruits dans les forêts combiné à des moissons tardives.

CHASSER PLUS

Sur Rivarennes, outre les sangliers sur lesquels les chasseurs ne relâchent pas la pression, les « grandes pattes » ont un effet tout aussi désastreux. Des cervidés qui trouvent refuges dans des bosquets et forêts où ils ne sont pas inquiétés. « Ils se rassemblent en hordes. A partir de là, il est impossible d'aller les chasser. Les chiens ne font pas le poids face à tant de cervidés », remarque Nicolas Rudeau. En effet, de gros dégâts sont constatés, toujours sur les mêmes secteurs, « ce qui dénote un manque d'efforts pour faire ce qu'il faut pour endiguer le problème », note Gérard Génichon.

Pour les sangliers, plus de bracelets ont été distribués sur certains secteurs pour inciter à chasser plus. « Je n'arrive pas à faire prendre conscience aux chasseurs qu'il est primordial d'augmenter la pression de chasse, martèle le président de la FDC 36. La surpopulation met en péril la biodiversité. Ce qui cause des dégâts pour les agriculteurs et les forestiers, et impacte également les espèces plus petites, comme les gibiers d'eau en queue d'étangs. » Même consigne pour les plans de chasse, dont certains ont vus leur quota revu à la hausse. Approche qui devrait se généraliser au fils des ans, selon les situations.

LES CURSEURS SONT À REVOIR POUR LA RÉGULATION DES CERVIDÉS

Passer un temps, pour la noblesse de la chasse et des trophées, les cerfs étaient peu inquiétés. Le parti pris était de les laisser vieillir. Cependant, aujourd'hui, « nous avons assez de grands cerfs ayant dépassés largement les 12 ou 14 ans, pointe Gérard Génichon. Ces individus que l'on ne veut pas tuer car on est encore à cheval sur les CM2 ».

En effet, une erreur de tir sur un CM2 peut conduire à des poursuites pénales, sauf s'il est déclaré à l'OFBC (office français de la biodiversité et de la chasse) ; dans ce cas-là, la fédération des chasseurs peut fournir un bracelet de secours. « D'ici quelques années, il faudra déplacer les curseurs pour tendre vers plus de prélèvements de grands cervidés », estime le président. Ce dernier veut également faire entendre qu'il est conseillé de chasser les biches pour réguler la population de cervidés. « Pour cela, on se confronte à un manque d'ouverture d'esprit », avoue-t-il.

Le verdissement des approches culturales, l'usage de couverts végétaux, le souhait de certains de se tourner vers l'agriculture de conservation, à l'image de Nicolas Rudeau, fait le régal des cervidés, qui trouvent la nourriture adéquate pour passer l'hiver. « Mon couvert ne s'est jamais réellement exprimé, car il est tondu à ras régulièrement par les biches et cerfs. Outre le fait que je n'aurais pas l'effet escompté agronomiquement parlant, ma hantise est d'avoir habitué les animaux à venir se repaître sur mes parcelles. Ce qui sera catastrophique lorsque j'aurai implanté mes céréales ou maïs », poursuit le céréalier.

Des craintes partagées par la fédération des chasseurs qui enregistre de nombreux témoignages de la sorte. « Ces constats ne sont pas anecdotiques et ces craintes sont fondées. Je vois avec une certaine angoisse le maintien de certains couverts, comme la moutarde, qui sont réputés appétant pour le gibier », partage Gérard Génichon.

SUIVRE DE PRÈS L'ÉTAT DE SANTÉ DE LA FAUNE SAUVAGE

Le déséquilibre animaux/nourriture entraînera inévitablement un problème sanitaire. Soucieuse d'assurer le bon état de santé de la faune sauvage, la fédération des chasseurs de l'Indre travaille de concert avec le GDMA. Les prélèvements sont soumis à analyses, les mandibules de cervidés examinées, critères permettant d'évaluer les effets du manque de nourriture ou des changements climatiques sur l'espèce.

« Chasser c'est aussi s'occuper des animaux, de leur environnement, de leur nourriture, nous sommes de vraies sentinelles de la vie sauvage », rappelle le président de la FDC36. Ce dernier se dit inquiet de l'avancée de la PPA à la frontière italienne, « induisant certes un risque pour les sangliers, mais surtout pour l'ensemble de la filière porcine. Assurer la sécurité des élevages est également de notre ressort, en régulant au maximum les suidés et en créant des no-sanglier land sur les secteurs proches des foyers de PPA ».

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