Aller au contenu principal

Irrigation
Un levier économique à activer

En zone intermédiaire, l’arrosage des cultures est indispensable au développement de l’agriculture. Le département dispose d’un véritable potentiel.  

Un rapport du CGAAER (ministère de l’agriculture) sur les zones intermédiaires (ZI), publié le 18 juin, souligne que leur modèle en grandes cultures « doit évoluer pour éviter de se retrouver dans une impasse ». « Le modèle de production “ grandes cultures ” couramment pratiqué dans les ZI est arrivé, sur de nombreux points, à son terme », peut-on lire. Parmi les recommandations formulées, on pouvait y lire, le soutien au stockage de l’eau.

 

En matière de SAU irrigable, le Centre-Val de Loire est la région la plus équipée de France. Cette SAU représente seulement 20 % des surfaces arables régionales et les volumes consommés sont faibles, du fait qu’il y a peu d’évapotranspiration. La majeure partie des prélèvements s’effectuent à partir de réserves souterraines. Prélèvements pouvant atteindre jusqu’à 90 % des volumes consommés en Beauce, contre 53 % dans l’Indre.

 

Notre département est le petit poucet de l’irrigation en Centre- Val de Loire, avec moins de 10 % de la SAU départementale équipée, et seulement 7 000 ha réellement irrigués, soit 1 % de la SAU. En 2000, l’Indre comptait 250 irrigants contre 180 aujourd’hui, soit 5 % des exploitants, alors que la moyenne nationale avoisine les 20 %. On y consomme 7 000 000 m3 d’eau pour l’irrigation, soit 7 % des volumes consommés en Centre-Val de Loire.

 

En quête de valeur ajoutée

 

L’irrigation peut être un des leviers pour réaliser une plus-value économique des exploitations. Le constat est simple : le revenu agricole moyen dans l’Indre est le plus bas de la région et se situe en dessous de la moyenne nationale, sauf lors des années atypiques de 2012-2013, mais depuis l’écart se creuse de plus en plus. Le revenu agricole moyen indrien est passé en dessous des 10 000 euros depuis 2016, alors que les autres départements de la région se situent autour des 15 000 euros.

 

L’irrigation peut permettre de diversifier les cultures et ainsi améliorer et sécuriser les revenus. On remarque que pour une même culture, la variation de la marge brute entre la version irriguée et la version sèche n’est pas négligeable. L’une enregistre une marge brute d’environ 700 euros, alors que la seconde atteint difficilement les 500 euros. « On est en moyenne à + 42 % de marge brute entre une culture irriguée et une culture sèche, sachant que la majorité des cultures concernées ne créent pas de valeur ajoutée, ce qui donne une bonne indication de la marge de manoeuvre réalisable avec des cultures à forte valeur ajoutée », estime Christophe Périgord.

 

Par exemple, en 2016, avec les portes-graines comme la carotte population, la mâche, le radis hybride, il était possible de dégager une marge brute autour de 700 euros/ha et de 350 euros/ha pour le persil, haricots, betterave potagère population L’ensemble de ces cultures ont reçu entre 75 et 180 mm d’eau en irrigation. « Attention, on était sur une année atypique, mais les marges brutes étaient plus élevées que les céréales habituelles, similaires voire plus élevées que celles du colza qui enregistrait une marge brute moyenne de 634 /ha, 179 /ha en blé et 195 /ha en orge d’hiver », poursuit le chef du service entreprise de la chambre d’agriculture.

 

 

Témoignage /

Emmanuel Gerbier, ancien président de l’Association des irrigants de l’Indre :

 

« Si on regarde les projections, il faudra utiliser tous les leviers pour poursuivre note métier. L’eau ne sauvera pas tout le monde, mais l’irrigation devra être un des appuis techniques pour pérenniser l’agriculture dans certains territoires, sans pour autant généraliser la démarche sur l’ensemble du département… L’agriculture devra s’adapter et l’irrigation sera un complément dans ces changements. Il y a des zones de cultures qui disparaîtront si on ne fait rien pour les préserver. L’agriculture de conservation sera aussi un levier intéressant pour garder de l’eau dans les réserves utiles sachant que pour un bon couvert, on aura besoin de 25 mm d’eau en été. »

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 6.25€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Aurore Paysanne
Consultez le journal L'Aurore Paysanne au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal L'Aurore Paysanne
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Vous aimerez aussi

Visite d'essais: La luzerne, quelle conduite à tenir ?
Cultiver de la luzerne ne s'improvise pas.
Luzerne : Un itinéraire technique à soigner
Les essais de semis de luzerne de la plateforme Cultures à Venir ont permis de démontrer l'importance de l'implantation sur la production de fourrage.
Réussir son désherbage, un défi pour des adhérents d’Axéréal
A Bengy-sur-Craon dans le Cher, Sylvain Chalivoy, agriculteur en productions végétales, fait partie du groupe Dephy d’Axéréal.
AOP Reuilly : Des débuts de vendanges emprunts de qualité
En ce début septembre, les vendanges ont débuté à Reuilly depuis une semaine.
La pomme de terre, le rendez-vous de l'été à Arthon
Les champs de pommes de terre ne sont pas monnaie courante dans l'Indre, mis à part à Arthon où Laurent Deffontaines cultive ce féculent depuis plusie
La luzerne, une culture à revisiter
Les portes ouvertes des Cultures à Venir de la chambre d'agriculture sur la luzerne se dérouleront le 9 septembre à Martizay.
Publicité