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Jeunes éleveurs
Un troupeau aux origines variées

Alors qu’ils viennent tout juste de constituer leur troupeau de 110 limousines, Matthis et Samantha Wrobel, deux jeunes éleveurs de St Hilaire-sur-Benaize, participeront au concours d’Argenton, en vue d’avoir des éléments de comparaison utiles pour faire évoluer leur programme de sélection.

La sélection est un monde de passion, et Samantha et Matthis Wrobel, les deux associés du Gaec de la Suie, en sont de parfaits représentants. Ils sont partis de rien en 2014, pour monter de toutes pièces leur troupeau de limousines sur l’exploitation qu’ils venaient de prendre à St Hilaire-sur-Benaize. Le choix de la race s’est imposé naturellement à eux. « C’est une race rustique, qui se valorise mieux que les autres. Elle vêle toute seule, les veaux tètent bien, elle a un bon rendement en viande » ; Samantha ne tarit pas d’éloges pour la Limousine. Cette fille d’éleveurs est totalement en phase avec son conjoint. Lui a pris le virus pendant ses études, chez un éleveur à Ahun dans la Creuse, ce qui l’a conduit à réaliser son apprentissage de BTS Acse chez un sélectionneur en Charente.

Donner du temps au temps

De onze à ses tout débuts, l’effectif du troupeau du couple est progressivement monté pour s’établir à 110 mères aujourd’hui. « On a acheté des génisses et des vaches dans le Grand Est, dans la Creuse, la Haute-Vienne, la Charente, la Loire Atlantique, l’Indre. On s’est fait aider de notre technicien », relate la jeune femme. Ils ont également effectué des repérages lors des concours, suivi des ventes sur Internet quand ils n’ont pu s’y déplacer. La généalogie des meilleurs sujets de la race est soigneusement consignée dans un carnet que tient Samantha. Elle n’hésite pas à s’y référer pour chaque investissement. Leur troupeau a donc des origines variées, c’était une volonté du couple qui souhaitait créer son propre cheptel. « On sait qu’il nous faudra une génération pour y parvenir » reconnaissent les deux associés, et ils savent où sont leurs priorités. « Des vaches faciles à conduire, dociles, qui produisent des animaux volumineux avec des os fins pour un bon rendement de carcasse, avec des gros bassins pour bien vêler, de bonnes qualités maternelles, du lait », énumère l’éleveuse. Ils se réjouissent d’avoir deux veaux sélectionnés pour les ventes de Lanaud. Ils ont, à ce titre, particulièrement apprécié la solidarité des éleveurs du syndicat, qui leur ont grandement facilité la logistique. Néanmoins, la vente de reproducteurs reste pour l’instant très marginale. « On n’est pas prêts, on préfère attendre pour ne pas décevoir. Je pars du principe que je ne vends pas ce que je n’achèterais pas », indique le jeune éleveur. « On s’est installés en se disant qu’avant tout, il fallait assoir la rentabilité de notre élevage sur la production d’un veau par vache et par an », complète son épouse. Leur production est commercialisée par Celmar, en partie sous label, qui exclut depuis le 1er janvier 2019 tout OGM dans l’alimentation.

Deux bovins présentés

La semaine prochaine, ils présenteront à Argenton un taureau et une vache suitée avec son veau né en novembre. « Obélix, un mixte viande avec un bon dessus, de bons quartiers arrière, et Jakarta, notre première génisse née sur la ferme. Elle a un beau bassin, elle est fine d’os et a une bonne suite », détaille Matthis Wrobel. « On va montrer qu’à la Suie, il y a de la viande, il n’y a pas que des grandes plates », plaisante son épouse.  S’ils ont décidé de concourir ce n’est pas dans l’optique de revenir avec le gros lot. « C’est pour échanger, se comparer. Chez nous, on voit que nos bêtes, c’est bien de les voir à côté des autres », précise l’éleveuse. « Maintenant qu’on a fini de monter notre troupeau, on va s’atteler à corriger les défauts », complète son mari.

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