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Voir partir les teufeurs, un soulagement pour le propriétaire des lieux

  La bourgade de Villegongis était sous le feu des projecteurs du 18 au 22 mai, avec les 30 ans du Teknival. Le premier surpris était le propriétaire de la parcelle qui a accueilli plus de 30 000 teufeurs. L’émulation autour de l’événement a eu l’effet d’un rouleau compresseur dans la vie de ce dernier.

"Les gendarmes m’ont appelé à 7h30, le jeudi 18 mai pour m’annoncer qu’une de mes parcelles était occupée par des festivaliers dans le cadre d’une rave party. Sur le coup, à cette heure-ci, j’ai eu peur que leur appel concerne un incident sur la ferme », se souvient Dominique Paillault, propriétaire du champ où s’est tenu le Teknival du 18 au 22 mai, à Villegongis, à une quinzaine de kilomètres au nord de Châteauroux.  

« A QUOI BON SE FÂCHER ? »

Une fois la surprise passée, il s’est rendu sur place et a découvert l’ampleur de l’événement. Ce qui ne l’a pas empêché de faire preuve de cordialité avec les festivaliers. « A quoi bon se fâcher ? glisse-t-il. Cela aurait pu mettre le feu aux poudres, bien qu’ils ne soient pas venus ici dans le but de nuire mais de s’amuser. »   La parcelle occupée, d’un peu moins de 70 ha, est en jachère depuis 25 ans et déclarée comme telle à la Pac. « C’est une terre à faible potentiel, avec des silex, du sable, des roches. La cultiver coûte plus cher que le rendement que l’on pourrait en tirer », détaille-t-il. Mais « Comment ont-ils su que ma parcelle était libre de culture ? », s’interroge-t-il. Cela reste un mystère…  Pour l’installation du matériel, il a sa petite idée, « ils ont dû passer par un des chemins derrière la parcelle. Le voisinage m’a fait remonter qu’il y avait eu beaucoup de bruit dans la nuit, et au petit matin, ils étaient déjà près de 10 000 sur place », ajoute-t-il.  Au cœur du Teknival, plus de 30 000 teufeurs étaient présents. Mercredi, il en restait encore « une soixantaine qui poursuivaient le nettoyage de la parcelle. Pour cela, ils sont respectueux de l’endroit qu’ils occupent », reconnaît-il.  En revanche, quelques dégâts sont à noter à proximité. Le blé et le tournesol d’un de ses voisins ont été un peu impactés par la foule. « Et j’ai une parcelle d’orge qui a été traversée par les voitures. Je verrai ça avec mon assurance la semaine prochaine. Je ne suis pas inquiet, ce n’est pas grave. Ça aurait pu être pire », relativise-t-il.

UN RETOUR AU CALME TANT ATTENDU

Sollicité de toutes parts par les médias locaux et nationaux, Dominique Paillault aspire aujourd’hui à plus de sérénité. « Je ne suis pas habitué à parler comme ça aux médias. La situation et les reportages m’ont épuisé, j’ai besoin de me vider la tête. Le pire, ce n’est pas tant le déchainement médiatique mais ce sont les rumeurs qui courent dans la campagne, notamment celles qui disent que j’ai été payé pour accueillir le Teknival ou encore que j’ai entretenu ma parcelle exprès pour cela. Alors que tout est faux », martèle-t-il. Fait du hasard et conformément à la réglementation, il avait broyé sa parcelle moins de 48 heures avant le débarquement des festivaliers, « car il fallait le faire avant le 22 mai », rappellet-il. La campagne indrienne a retrouvé sa quiétude dès dimanche soir… et Dominique Paillault son accordéon. C’est en effet la musique qui l’aide à faire redescende la pression vécue ces derniers jours. Il reprend, avec son amie Sylvie, les concerts et animations. « Je suis un passionné. Je joue de l’accordéon depuis 57 ans. Ça va me ressourcer », soupiret-il, soulagé que cette aventure totalement inattendue ait enfin pris fin.

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