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BIEN-ÊTRE ANIMAL : Un pacte à la hauteur des enjeux

Le bien-être animal était le sujet central d’une conférence proposée par Interbev et coop de France lors du Sommet de l’élevage avec la présentation de la ligne directrice de la filière viande au travers du pacte pour un engagement sociétal.

Légende
Les acteurs de la filière souhaiteraient que le bien-être animal soit inscrit au cahier des charges du label rouge.

 Pour répondre aux enjeux sociétaux, les acteurs de la filière viande en concertation avec des associations welfaristes, des scientifiques et les pouvoirs publics ont entamé une démarche collective. Le pacte pour un engagement sociétal est une réflexion globale autour de la filière viande initié par Interbev en 2017.

L’ambition affichée est de pouvoir produire collectivement des viandes qui collent aux attentes des consommateurs en travaillant sur 4 axes principaux : la préservation environnementale, le bien-être et la protection des animaux, la qualité de l’alimentation et l’attractivité des métiers. Pour le volet bien-être animal, plusieurs orientations ont été lancées, notamment en élevage bovin.

Lors d’une conférence au Sommet de l’élevage, Christelle Demont, responsable bien-être animal chez Coop de France, a expliqué : « L’ensemble des acteurs ont choisi d’avoir une approche multi-sectorielle, à savoir élevage, abattage et transport des animaux. Mais il fallait avant tout préciser ce que l’on entendait par le terme bien-être animal. » En 1992, la FAWC (Farm Animal Welfare Council) l’a défini selon cinq libertés fondamentales, ellesmêmes approuvées par l’OIE à savoir : ne pas souffrir de la faim ou de la soif, ne pas souffrir d’inconfort, ne pas souffrir de douleurs, de blessures ou de maladies, pouvoir exprimer les comportements naturels propres à l’espèce et ne pas exprimer de peur ou de détresse. « Cette définition permettait de fixer les bases de la réflexion, rapporte la représentante de Coop de France. A partir de là, des réunions participatives ont été mises en place à la suite desquelles, 36 indicateurs de bonnes pratiques d’élevage ont été déterminés. Des tests directement en élevage ont été menés, enrichis par l’utilisation de l’outil d’évaluation boviwell. »

 

Évaluer pour mieux évoluer

Créé à l’initiative de Moy Park Orléans, ce logiciel informatique expertise rapidement les éléments d’une exploitation agricole en lien avec le bien-être animal. « Cet outil est basé sur les cinq libertés animales, présente Mathieu Pissot responsable filière et contractualisation chez Moy Park Orléans. Le diagnostic dure en moyenne une heure. L’éleveur remplit dans un premier temps un questionnaire pour renseigner sur le profil de l’élevage et sur ses pratiques. Ensuite des observations en bâtiment, principalement sur l’animal sont réalisées (abreuvement, état corporel, surface par animal…). Ces données sont classées et converties en points bien-être animal, pour obtenir une note sur 100. Chaque liberté comportementale sera ainsi notée. Le technicien peut, par la suite, analyser les résultats obtenus avec l’éleveur et les relier avec les indicateurs techniques. Tous ces indicateurs choisis prennent en compte des aspects de faisabilité, validité et répétabilité. »

Cette même méthodologie a également servi à évaluer les secteurs du transport et de l’abattage. Ce travail, initié depuis deux ans, échafaude l’avenir de la filière bovine et plus largement de la filière viande. L’objectif reste en premier lieu d’assurer le revenu de l’éleveur. Mais le pacte pour un engagement sociétal démontre aussi la volonté des acteurs de la filière, d’offrir des garanties supplémentaires et des gages de confiance aux consommateurs. « Le but est d’inscrire le bien-être animal dans le cahier des charges du label rouge, car c’est une certification reconnue comme synonyme de qualité. A terme, nous souhaiterions que 40 % de l’offre en viande bovine soit estampillée en label, » espère Christelle Demont.

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