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Coralie Mayaud, éleveuse de chevaux arabes et haflingers : « Ce projet, c’est un rêve de gamine »

Dans les prés du Boischaut Sud, les limousines règnent en maîtresses. Mais à Tilly, il est possible d’apercevoir des chevaux aux origines orientales et autrichiennes. Ils appartiennent à Coralie Mayaud, qui mène de front son cabinet d’avocate, les vaches familiales et son élevage équin. Une passion sans faille et des opportunités ont rendu ce rêve possible.

 Je suis née dans le cheval. Quand ma mère a annoncé à mon père qu’elle attendait un enfant, il a acheté un poney pour son futur fils », raconte Coralie Mayaud en riant. Toute jeune, elle acquiert un étalon Pottok pour lancer un éle­vage de poneys de couleurs, faisant naître ainsi ses premiers poulains. Au lycée, elle met sa passion entre parenthèses pour se concentrer sur ses études avant de racheter des chevaux une fois son diplôme d’avocate en poche. « Ce projet, c’est un rêve de gamine », glisse-t-elle.

Elle gère son élevage équin en plus de son cabinet d’avocat, tandis que ses parents dirigent une exploita­tion bovine : l’EARL du Vavret. Ce projet est une aventure familiale : « tout a été fait avec l’aval de mes parents. C’est un projet à tous les trois. Au quotidien, je les aide sur l’élevage limousin et ils m’aident avec les chevaux », confie-t-elle.

 
Al Chabanne : une histoire de passion et d’opportunités 

L’élevage Al Chabanne est offi­cialisé au printemps 2022. « J’ai eu l’opportunité de racheter un élevage de chevaux arabes près de Toulouse », raconte Coralie Mayaud. Cette acquisition a été suivie par celle d’un étalon d’ex­ception, Avalon Mirage, fils direct d’un multichampion de show. « Cet élevage est une histoire d’opportunités que nous avons su saisir, et qui sont réfléchies dans les origines des chevaux », évoque-t-elle.

L’objectif de Coralie Mayaud est clair : produire des chevaux arabes « beaux et bons ». Pour elle, le cheval arabe est un animal très endurant et la capacité de monter en pression aussi vite que d’en redescendre. Son tempérament le rend très attaché à son cavalier.

Elle a rapidement vu le potentiel de diversifier ses lignées en intégrant d’autres races comme l’haflinger. « C’est une race plutôt rare dans notre région et qui se croise bien avec l’arabe », explique-t-elle. « Ce sont de petits chevaux de loisir ou de sport, qui peuvent être montés ou attelés et qui ont un caractère exception­nel », ajoute-t-elle. Une fois encore, Coralie Mayaud a su saisir la bonne occasion en faisant l’acquisition d’un étalon autrichien issu d’une lignée de renom : Liz Wehrburg.

 
Des chevaux pour tous les cavaliers et accessibles

Elle souhaite proposer des che­vaux qui conviennent au plus grand nombre de cavaliers et qui restent abordables financière­ment. Son idéal : « Un beau cheval, typé et très bien dans sa tête ».

Coralie Mayaud effectue un tra­vail de désensibilisation avec ses jeunes chevaux. Elle les habi­tue aux bruits, aux autres ani­maux, aux engins agricoles et aux voyages en van. « C’est un énorme travail mais très bénéfique pour le futur cavalier. Cela permet aussi de mieux cerner le caractère du cheval afin de pouvoir bien l’expliquer aux futurs propriétaires et ainsi limiter les déceptions », souligne-t-elle.

 
Un avenir entre chevaux et vaches

À ce jour, l’élevage Al Chabanne compte cinq poulains haflingers de 18 mois, cinq pouliches arabes du même âge, cinq poulains arabes nés cette année, dix pou­linières et quatre juments âgées. Coralie Mayaud souligne le défi de la gestion des vieux chevaux, sou­haitant éviter le débouché bou­cherie : « les coûts d’entretien sont élevés, mais nous les assumons jusqu’au bout », assure-t-elle.

Une des nouveautés de cette année est l’acquisition d’une jument de robe pie croisée arabe x pottok, dont le but est d’apporter de la couleur aux fu­tures lignées de poulains arabes. 

Coralie Mayaud prévoit égale­ment d’intégrer une jument de trait pour introduire des gènes plus porteurs, afin de produire des chevaux montables par tous.

À terme, elle aimerait vivre exclu­sivement de son activité agricole. Actuellement, les revenus de son activité équine sont entièrement réinvestis pour son développe­ment. Bien qu’elle s’investisse avec passion son élevage, elle ne perd pas de vue l’exploitation familiale : « un jour, je reprendrai l’exploita­tion de mes parents. L’objectif est de garder les vaches. Le cheval, c’est avant tout une passion, et je veux conserver cet état d’esprit. Je ne souhaite pas vendre mes chevaux juste pour les vendre ; l’histoire doit être belle. »

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