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Bienvenue à la ferme
La Villefranche de Tilly - Le bonheur est dans le pré mais aussi à côté

Damien et Philippe Maussire participeront pour la première fois à l’opération Portes ouvertes Bienvenue à la ferme, ce weekend, pilotée par la chambre d’agriculture. Portrait de ces deux éleveurs, père et fils, pareillement passionnés par leur métier.

Le pied s’enfonce dans l’herbe tendre, grasse et verte de ce début de printemps. « Habituellement en cette saison, raconte Damien Maussire, l’eau coule à cet endroit. » Il confirme les paroles prononcées un instant auparavant par son père, Philippe. Eh oui, la sécheresse, déjà constatée, préoccupe ces éleveurs associés depuis 2011 au sein du GAEC des Fougères alors vieux de vingt-sept ans. « Comment on fera pour reconstituer les stocks s’il n’y a pas d’eau pour faire pousser le fourrage ? »

 La conjoncture n’est pas favorable, non plus. « Mais on a l’habitude des difficultés », s’encouragent mutuellement le père et le fils.

Oui, les membres de la famille ont toujours fait face. Et comme bien d’autres, ils ont toujours cherché à s’adapter, à se diversifier, à élargir leur cheptel. Celui qu’ils montreront aux visiteurs attendus nombreux ce weekend dans le cadre des Portes ouvertes Bienvenue à la ferme.

Viande de qualité

La ferme de La Villefranche de Tilly est inscrite depuis le 1er janvier dernier sur le registre de Bienvenue à la ferme.

Damien, 29 ans, membre actif des JA explique les raisons de cette première participation à l’opération traditionnellement organisée par les chambres d’agriculture départementales : « C’est une bonne façon de faire connaître notre exploitation et la viande que nous proposons en vente directe depuis deux ans pour un quart de notre production sous l’appellation « La ferme de Villefranche ». Nous savons qu’elle est bonne. Les acheteurs nous le disent. Nous les avons tous conviés à nous rendre visite pendant ces deux journées. D’autres viendront peut-être qui nous permettront d’élargir notre clientèle tout en favorisant le développement de ce qu’on appelle le circuit court »

Sûr qu’ils en auront des choses à montrer, ces deux éleveurs de limousines. Des choses à raconter aussi à qui voudra bien les questionner et les écouter.

Bien-être animal

Ils pourront évoquer leur volonté d’assurer le bien-être animal et aussi la préservation de l’environnement. Ils pourront montrer comment cela saute aux yeux en observant le troupeau : 180 mères, 170 veaux, 80 génisses d’un an, 52 de deux ans et 9 taureaux pour assurer la reproduction toute naturelle.

Les mères gestantes et celles avec des veaux non encore sevrés ont retrouvé la prairie il y a quelques semaines. Ils sont beaux, taches rouges dans la verdure du pâturage tournant dynamique qui les fait changer de pré tous les deux jours.

Les taureaux aussi ont quitté leur quartier d’hiver

Les génisses et les veaux sevrés destinés à l’engraissage, eux, restent à l’abri dans des bâtiments ultramodernes, parfaitement conçus et tous recouverts de panneaux photovoltaïques. Au total, 10 000 m2 de constructions dont 7000 pour les stabulations. Le reste pour le stockage de la nourriture et le stationnement des engins agricoles.

La docilité sélectionnée

Titulaire d’un bac STAV (Sciences et techniques de l’agronomie et du vivant) Production animale, obtenu en 2010 au lycée Naturapolis de Châteauroux, Damien pourra évoquer sa formation. Il pourra présenter l’exploitation de 250 hectares dédiés à la prairie et aussi à la culture du maïs pour l’ensilage, du triticale, du blé et de l’orge. Il pourra raconter la sélection des mères basée sur la morphologie de l’animal, bien sûr ; sur sa génétique, évidemment et sur sa docilité surtout.

Une belle histoire

 Il pourra raconter l’histoire de la famille et celle de cette ferme acquise par Pierre, son grand-père, Suzanne, sa grand-mère, et Jean-Claude, son oncle aujourd’hui retraité. C’était en 1973. Les éleveurs de vaches laitières de Vesoul venaient d’être expropriés de leur exploitation achetée par Peugeot.

« C’est la Safer qui les a guidés vers La ferme de La Villefranche de Tilly. Ils ont d’abord produit du lait avec des normandes comme ils le faisaient dans l’Est. La brucellose a imposé l’abattage du troupeau. Ils ont tenté le mouton. Puis sont revenus à la production laitière. Nous l’avons définitivement arrêtée en 2016. Alors que l’élevage de la limousine avait commencé en 1982 et que l’abandon du mouton avait sonné en 1995. »

En plus de raconter la passion pour le métier qui l’anime depuis son plus jeune âge, Damien pourra aussi dire comment les membres d’une famille vivent heureux, chacun chez eux mais à proximité les uns des autres, dans un paradis de calme et de verdure. Il pourra expliquer le sacrifice d’adaptation librement consenti par les femmes de la maison : Anne, sa compagne, manipulatrice radio à l’hôpital du Blanc ; Guylène, sa maman, retournée à l’emploi en 1991, après avoir élevé trois enfants, encore aujourd’hui éducatrice spécialisée au centre psychothérapique de Gireugne à Saint- Maur.

 Coup de soleil sur la verdure peut-être, les visiteurs pourront admirer les deux épagneules de la famille : Gloria, celle du papa et Nono, celle du fiston. « En fait, elle s’appelle Novak. Mais on l’a baptisée Nono. Parce que c’est plus facile à dire pour Cassandre, notre petite fille de deux ans. »

 Eh oui, le bonheur s’il est dans le pré est parfois aussi à côté.  

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