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RAVAGEURS
Les Anglais disent halte aux altises

Les agriculteurs anglais font face à une pression altise telle que certains préfèrent abandonner la culture. A l’institut de recherche Rothamsted est développée une approche de lutte intégrée pour limiter les dégâts de l’insecte.

La culture de colza devenue impossible au Royaume-Uni ? C’est l’inquiétude grandissante des agriculteurs anglais, de plus en plus démunis face aux ravageurs.

RESTRICTIONS ET RESISTANCES

Méligèthes, charançons, pucerons, les ravageurs du colza se succèdent tandis que la liste des insecticides efficaces ne cesse de s’amoindrir. Ceci est particulièrement vrai pour la grosse altise, véritable fléau Outre-Manche. Dans certaines régions d’Angleterre, l’insecte adulte a causé jusqu’à 100 % de perte de rendement, sans compter les dégâts des larves. Ces dernières constituent une menace sérieuse pour la culture, provoquant perte de vigueur, effondrement de la tige, augmentation des risques de maladie et de sensibilité au gel. Depuis la restriction d’utilisation de certains néonicotinoïdes décidée en 2013 par la Commission Européenne, les traitements de semences ne sont plus disponibles pour protéger la jeune plante des dégâts des altises adultes. « Les agriculteurs ont répondu à cette interdiction en utilisant des pyréthrinoïdes, déjà utilisés contre les larves. A l’automne 2014, les pulvérisations de pyréthrinoïdes sont ainsi devenues la principale - sinon la seule - option de contrôle aussi bien des altises adultes que des larves », explique Sam Cook, chercheuse au centre agronomique Rothamsted Research situé à Harpenden, près de Londres. Cette période coïncide par ailleurs avec l’apparition d’insectes résistants à cette classe d’insecticide au Royaume-Uni. Insectes qui, chuchote-t-on, viendraient de France… « La résistance est inévitable ! C’est l’un des plus grands défis de notre temps », s’exclame Sam Cook. « Tuer les nuisibles avec l’insecticide disponible le moins cher a toujours été le réflexe. Mais aujourd’hui, d’autres alternatives sont requises pour éviter plus de sélection de résistance ».

LA LUTTE INTEGREE, METHODE DE L'AVENIR ?

« La lutte intégrée des ravageurs est une nécessité, pas une option. Les agriculteurs qui abandonnent le colza,  c’est une très mauvaise nouvelle pour la biodiversité », poursuit Samantha Cook. La lutte intégrée se définit comme une approche efficace et respectueuse de l’environnement qui repose sur le principe de combinaison de méthodes, et inclut l’utilisation judicieuse des pesticides. Elle implique le développement de pratiques préventives, à commencer par des méthodes de cultures : rotations, phéromones répulsifs, travail génétique sur des plantes résistantes aux insectes. « Les agriculteurs sont désespérés et, parce qu’ils sont désespérés, ils essaient des approches alternatives », ajoute Sam Cook. A Rothamsted, ces outils sont étudiés depuis plus de dix ans. Dans une étude, l’équipe du Dr Cook a montré que le navet utilisé comme culture-piège pour
attirer les ravageurs ailleurs que sur la culture principale avait un bon potentiel pour protéger le colza d’une invasion d’altises mais aussi de méligèthes. « Le navet peut réduire les populations jusqu’en dessous du seuil d’intervention, explique Samantha Cook, mais l’analyse coût/bénéfice révèle que ce système n’est pas économiquement viable pour les exploitations conventionnelles. » Des essais sur la lavande et les phéromones sont par ailleurs en cours. Les approches écologiques de la lutte intégrée des ravageurs du colza visent ainsi à réduire les interventions chimiques non nécessaires, en préservant l’environnement
tout en maximisant la rentabilité en contribuant à l’intensification durable de la culture. « Les chercheurs doivent innover mais surtout réduire le risque pris par les agriculteurs », conclut Sam Cook. « Il y a encore du chemin à faire ! »

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