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Mathieu Naudet, Arpheuille
« Nourrir nos concitoyens, c’est une fierté ! »

Pour Mathieu Naudet, président de JA 36, la chambre d’agriculture doit accompagner la réduction des produits phytos sans dégrader la rentabilité économique des exploitations.

Chez les Naudet, on n’a pas attendu l’installation des deux fistons pour bousculer les habitudes. Dès le milieu des années 90, la charrue a été reléguée dans un coin. « Le zéro labour, c’était une grande révolution, relate Mathieu Naudet. Mon père a commencé à faire un essai sur un hectare, avec l’appui de Moreau, le concessionnaire, et l’année suivante tout à été fait en sans labour ». Cette orientation radicale a ouvert la voie à d’autres changements tout aussi notables qui ont concouru à casser leur assolement qu’ils jugeaient trop pauvre. Ainsi, l’arrivée de l’irrigation a contribué à introduire le maïs, les haricots, les lentilles, pois chiche, semences potagères… dans la rotation. « On a réduit la proportion de céréales d’hiver, on ne fait plus de paille sur paille et depuis 3 ans, on n’a plus de colza », poursuit le jeune agriculteur. Installé en 2007 à sur 82 ha à Arpheuille, Mathieu Naudet s’est inscrit avec enthousiasme dans la démarche d’entreprise de ses parents. Et l’arrivée de son jeune frère en 2015 sur l’exploitation a, en quelque sorte, décuplé cette propension. Aujourd’hui, les quatre associés épaulés par trois salariés cultivent 520 ha. Ils ont développé l’activité de pressage et vente de paille initiée en 1992 et celle de ramassage de pierre et misent donc sur un allongement de leur rotation. « Le système traditionnel colza, blé, orge est mort, il faut trouver des solutions. Dans d’autres régions, ils y arrivent, pourquoi pas nous ? »

« Notre force :  on a des parents qui sont là et 3 bons salariés sur qui ont peu s’appuyer, admet Mathieu Naudet. Il faut savoir déléguer. On a nos limites, on ne peut pas avoir le nez partout. Et puis responsabiliser les salariés contribue à les fidéliser », poursuit le jeune agriculteur qui a en ligne de mire le départ en retraite de son père à l’horizon de 2 ou 3 ans.

Un soutien à la production

Et là, c’est la casquette syndicale que le jeune arbore. Il est particulièrement attaché au renouvellement de génération. Le syndicat JA 36 qu’il préside depuis 3 ans multiplie les actions pour informer les  porteurs de projets. « On a affaire à des profils variés. Devenir chef d’entreprise ne s’improvise pas, cela ne marche que si on a des projets solides, il faut qu’ils soient viables et vivables, insiste-t-il. Depuis 6 ans, le nombre d’agriculteurs a diminué de 10 % déplore-t-il. « Il faut donner des perspectives positives et le gouvernement a sa part de responsabilité en nous mettant toujours plus de contraintes et en réduisant les soutiens. Nourrir nos concitoyens, c’est une fierté ! » C’est dans cet esprit qu’il se présente aux élections chambre d’agriculture. Il sait que les dossiers qui attendent les élus sont nombreux, parmi lesquels celui de l’environnement. « Il faut communiquer sur ces problèmes, justifier nos besoins, se structurer pour faire valoir nos intérêts et garantir une alimentation saine et tracée. »  Ce qu’il attend de la chambre d’agriculture ? « C’est qu’elle soit un soutien à la production, à la technicité, qu’elle aide les producteurs à trouver des solutions pour continuer à produire du blé propre dans un contexte de réduction d’utilisation des matières actives. Qu’elle accompagne la réduction des produits phytos, sans dégrader la rentabilité économique des exploitations ».

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