Aller au contenu principal

Solidarité : Ne pas rester seul dans la tourmente

Depuis 13 ans, l’association Agri2main a pris plusieurs chefs d’exploitation en phase sensible sous son aile, pour leur proposer des leviers sociaux et technico-économiques en vue de se remettre sur les rails.

L'aval de l'agriculteur concerné est nécessaire pour lancer le processus d'aide

Face aux aléas de la vie, à l’enchaînement d’années compliquées, le moral en prend un sérieux coup, la motivation s’érode et les résultats économiques en pâtissent. Cet état peut conduire à la perte de confiance en soi, à l’isolement, bref à l’installation dans une spirale infernale dont l’interessé peine à en voir l’issue. « C’est pour venir en aide à ceux qui traversent une telle situation que les organisations professionnelles agricoles* ont mis en place en 2006, l’association Agri2main », explique Christophe Périgord.

Son objectif : venir en aide aux exploitants agricoles en difficultés économiques, financières et/ou sociales. « Cette double approche est née de cette volonté de considérer que derrière telle ou telle difficulté se cache un problème d’ordre économique ou social », continue le chef de service Entreprise et Formation à la chambre d’agriculture de l’Indre.

 

25 nouveaux dossiers par an

Intervenir tôt, avant qu’une situation se dégrade trop, est nécessaire. « Cela nécessite une prise de conscience de l’intéressé. Sans quoi, rien ne peut être entrepris », prévient Christophe Périgord. Sans l’aval de l’exploitant concerné, l’association Agri2main ne peut rien faire. Un tiers des appels à l’association sont du fait des intéressés.

Les autres demandes de soutien proviennent de la MSA ou de la chambre d’agriculture qui pressent des difficultés chez certains agriculteurs. Les deux organisations les aiguillent alors vers le double accompagnement proposé dans le cadre de l’association. Dans ses premières années d’interventions, Agri2main accompagnait entre 10 et 15 nouveaux dossiers par an. « En 2016, compte tenu contexte économique difficile, nous avons enregistré un gros pic de demandes, avec 35 nouveaux dossiers », resitue Christophe Perigord. Depuis, les sollicitations affluent au rythme de 25 nouvelles demandes par an. « Nous tournons à une cinquantaine de dossiers par an, en totalisant les suivis en cours et les nouvelles demandes d’intervention » poursuit- il. Dans 80 % des cas, à l’issue de l’accompagnement, les exploitants poursuivent leur activité.

 

En toute confidentialité

Lorsqu’un exploitant agricole appelle la plateforme dédiée, au 02 54 29 46 88, la secrétaire de MSA Service relaie l’information auprès d’un binôme constitué d’un travailleur social MSA et d’un conseiller entreprise de la chambre d’agriculture. S’en suit une prise de rendez-vous sur site pour réaliser un diagnostic brossant l’ensemble de la situation.

Pour la partie sociale, l’appui passe par de l’écoute, la présentation des droits sociaux auxquels l’exploitant a droit, lui est aussi proposée l’aide au répit « pour les inviter à sortir de l’exploitation quelques jours, pour se ressourcer, prendre du recul, avec la possibilité de faire appel au Service de remplacement si besoin », poursuit Christophe Périgord. Sur les plans économique et financier, c’est le service entreprise qui intervient, avec en soutien, selon les cas, les conseillers techniques des filières concernées.

Tous les deux mois, le comité technique de l’association, composé d’un membre de la DDT, de représentants de la chambre d’agriculture et de certains travailleurs sociaux de la MSA, se réunit pour faire le point sur les nouveaux dossiers, déterminer s’ils sont de leur ressort et si c’est le cas, quel accompagnement mettre en place. « Un comité a faible effectif pour assurer la confidentialité de tous les dossiers qui nous sont confiés. Rien ne fuite », souligne-t-il. Lors de cette réunion, les participants examinent l’évolution des dossiers en cours pour adapter le type de suivi selon les échéances à venir. « Il n’y a, volontairement, pas de limite de suivi dans le temps car certaines situations demandent du temps pour être redressées. En revanche, après un long suivi, si l’on constate que l’agriculteur se laisse porter, n’a pas le déclic pour réellement sortir de l’impasse, nous ne le laissons pas sur le bord de la route mais lui proposons un autre type d’accompagnement en dehors de l’association », explique le chef de service.

Les cas de figures sont nombreux. Parfois seul un accompagnement en gestion d’entreprise permet de redresser la barre, de restructurer l’exploitation, revoir l’échelonnement des dettes auprès des établissements bancaires et les créanciers. Tout se règle à l’amiable, seul 1 cas sur 10 nécessite une procédure judiciaire de redressement amiable ou de de liquidation. « Dans ces cas-là, nous sommes présents pour préparer les dossiers en amont mais nous n’intervenons pas lors de l’entretien au tribunal », précise Christophe Périgord.

 

*Chambre d’agriculture, MSA, FDSEA, JA, Groupama, Crédit agricole, CER Indre.

 


Qui appelle l’association Agri2main ?

Tous les chefs d’exploitations agricoles exprimant le besoin d’un accompagnement pour sortir de l’impasse, sans limite d’âge, peuvent contacter le 02 54 29 46 88, du lundi au vendredi. Actuellement l’association est sollicitée :

• 70% des situations sont liées aux difficultés économiques et de rentabilité ;

• 10% concernent les interrogations sur l’avenir de l’exploitation ;

• 20% touchent les problèmes de santé physique ou une situation sociale sensible.


 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 6.75€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Aurore Paysanne
Consultez le journal L'Aurore Paysanne au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal L'Aurore Paysanne
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Vous aimerez aussi

L’autonomie alimentaire au cœur de la journée régionale ovine
Le contexte économique est relativement favorable à la filière ovine depuis quelques mois, avec la hausse des prix de ventes des agneaux.
Des essais plutôt concluants, mais attention à la montée en graines
 Dans une parcelle de Julien Renard, céréalier à Brion, la chambre d’agriculture de l’Indre a réalisé des essais sur les couverts d’interculture.
Couverts : l’implantation à la volée à l’essai
La chambre d’agriculture de l’Indre a réalisé un essai sur les couverts dans une parcelle de Julien Renard, céréalier à Brion.
Naturapolis fait cohésion grâce aux jeux agrolympiques
Cohésion et travail d’équipe ont été les maîtres-mots au lycée agricole de Châteauroux, le 22 septembre.
Une très belle présentation de reproducteurs au cadran des Hérolles
Le mercredi 21 septembre, le marché du Cadran des Hérolles et Sélec Viande ont organisé la cinquième vente de taureaux reproducteurs limousins.
Grêle : plus de 200 dossiers déposés
Le 15 septembre, tous les agriculteurs touchés par les épisodes de grêle qui ont traversé le département étaient invités à déposer un dossier auprès d
Publicité