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Aop pouligny-saint-pierre
Stabilité pour le pouligny, mais pas de pessimisme

2018 aura été une année sans bouleversements pour l’AOP pouligny-saint-pierre. L’appellation maintient sa production à des niveaux stables, même si de meilleurs résultats étaient attendus.

Olivier Denis, président du syndicat des producteurs de l'AOP pouligny-saint-pierre.

Le département de l’Indre a la chance de posséder 4 AOP caprines sur son territoire. Elles récompensent le travail accompli par les éleveurs en leur assurant une bonne valorisation de leur production. Le syndicat de l’une d’entre elles tenait son assemblée générale le jeudi 18 avril. Le pouligny-saintpierre, plus petite appellation de France, reste très prisé par les consommateurs. Ce qui ne l’empêche pas de faire face à des difficultés liées à la configuration de son périmètre et à son petit nombre de producteurs.

Continuer à travailler sur la qualité

L’année 2018 fait état d’un bilan mitigé. Malgré une hausse du litrage, de 200 000 litres par rapport à 2017, la commercialisation de fromages reste stable, la faute à une baisse des ventes chez les transformateurs.

« C’est une petite déception, déplore Olivier Denis, président du syndicat des producteurs de l’AOP. Nous nous attendions à avoir une production de lait plus importante, car nous avons eu deux installations en 2017, dont un affineur. Nous pensions que nous pourrions, de ce fait, augmenter notre production. La commercialisation des fromages fermiers a bien augmenté, mais dans le même temps, les deux transformateurs du secteur ont diminué le nombre de pouligny dans les mêmes proportions. »

La stabilité est le terme qui caractérise le mieux l’année qui vient de s’écouler. Le pourcentage de lait transformé en AOP pouligny- saint-pierre équivaut à 42 % du total de la collecte.

Au niveau qualité, les tonnages déclassés et détruits représentent, là encore, des taux proches de ceux de l’an passé (respectivement 7 % et 3 %). « Ces chiffres peuvent paraitre élevés, mais ce sont majoritairement des défauts mineurs du type présentation, trous à la coupe ou taux de sel, tempère Jean-Luc Roy, conseiller spécialisé en développement local à la chambre d’agriculture de l’Indre. De plus l’AOP a fait le choix de mettre en place plus de contrôles qualité que prévu dans le cahier des charges. L’INAO demande de réaliser 3 contrôles par an, en pouligny-saint-pierre, les commissions de dégustation se réunissent 5 fois par an. »

E coli, vigilance oblige

Comme pour l’ensemble des producteurs de fromages au lait cru, la crainte est de voir sa production contaminée par des Escherichia coli STEC. Ces bactéries sont présentes naturellement dans le tube digestif des animaux, dont les chèvres, mais seules certaines d’entre elles sont toxiques pour l’homme.

« Nous savons que cette bactérie provient des chèvres, précise Olivier Denis, nous savons également que la bactérie doit contenir au moins deux gènes différents pour qu’elle soit dangereuse pour l’homme. Mais dans l’état actuel des recherches, nous n’avons aucune solution pour la détruire lorsqu’elle se trouve dans les fromages et nous ne connaissons toujours pas son mode de contamination. Pour le lait, la pasteurisation permet de l’annihiler, mais une présence d’Escherichia coli chez un producteur, c’est au moins trois semaines sans production.

Maintenant, il ne faut pas faire de catastrophisme. L’’année dernière, nous n’avons eu qu’un seul cas chez un producteur fermier et la bactérie a disparu après une semaine. Le syndicat appelle les éleveurs à rester malgré tout vigilant vis-à-vis de ce risque sanitaire qui peut potentiellement toucher tous les fromages au lait cru. »

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