Aller au contenu principal

DIVERSIFICATION
Ferme du Maupas : des prises de risque mesurées

À Martizay, la famille Meurgue élève des prim'holstein depuis  toujours. Avec l'installation de Vincent en 2019, a débuté l'aventure  de la transformation de produits laitiers et de vente directe.

Dans un secteur où la chèvre est reine, les vaches de la ferme du Maupas, à Martizay, détonnent, même si elles font partie du paysage depuis des décennies. Et les Meurgue en jouent, depuis 2020, avec leur marque de produits laitiers commercialisés sous le nom de « La vache brennouse ».

 

Une histoire de famille 

La ferme du Maupas est une véritable épopée familiale, où chaque génération laisse son empreinte. En 1996, la grand-mère, la mère (Edwige) et l'oncle (Étienne) de Vincent, créent l'exploitation. À cette époque, il y avait un élevage caprin et un élevage bovin lait. Toute la production était vendue à la laiterie. « En 2000, Papa a rejoint l'exploitation et on passe alors à 400 chèvres et 70 vaches laitières. En 2015, lors de son départ en retraite, nous nous sommes tous mis autour de la table, même si avec mes frères et sœurs nous n'étions pas encore installés. Nous avons décidé collégialement de conserver uniquement les bovins lait. Nous n'avions pas la capacité de produire la luzerne nécessaire pour l'alimentation des chèvres », retrace Vincent Meurgue.

En 2019, ce dernier rejoint sa mère et son oncle au sein du Gaec, avec la volonté de transformer une partie de la production laitière. « Je ne me voyais pas en 100 % lait, les sources de revenu étaient limitées. Il était nécessaire de trouver d'autres ressources », explique-t-il sans détour. Grâce à ses formations (dont un CS Caprin) et ses multiples stages en élevage transformation, il a mûri son projet. Projet dans lequel, Edwige s'est sentie à son aise. « Elle aime ça et a toujours plein d'idées. Le brenn'ochon, c'est son idée. Le skyr, c'est la mienne », confie-t-il.

Pour assurer ses arrières, Vincent avait préalablement réalisé une étude de marché et sondé les commerces des alentours en expliquant sa démarche. Ainsi les premiers yaourts sont sortis du labo le 1er février 2020. Quelques semaines après, la France est confinée. « Le confinement nous a aidés à nous lancer dans la vente directe », apprécie le jeune éleveur. 

Depuis, la gamme s'est étoffée : yaourts, crèmes dessert, riz au lait, fromage blanc, fromages lactiques, crème fraîche, camembrenne, brenn'ochon et skyr. Des produits que Vincent et son frère Christophe, installé en 2023, vendent sur les marchés du Blanc, de Mézières-en-Brenne et de Chauvigny, mais également en boutique, à la ferme et via Cagette et Fourchette pour les cantines scolaires notamment.

 

Ne rien s'interdire 

Dans la famille les idées fusent, ce qui permet d'avoir une gamme de produits laitiers si étoffée. « On fait plein d'essais à la maison, on voit comment ça évolue, si c'est répétable, si on valorise correctement notre lait, si ça peut répondre à une attente des consommateurs, etc. Une fois que l'on estime que le produit est abouti, on le fait goûter à quelques clients fidèles et on lance la commercialisation », développe Vincent, et Edwige d'ajouter « on ne s'interdit rien. Si ce n'est pas concluant, on garde l'idée de côté pour la perfectionner plus tard »

C'est ainsi qu'est né, entre autres, le brenn'ochon en 2024, Edwige voulait « un fromage crémeux, familial, qui complète la gamme de fromages et demandant moins de jours d'affinage. » Le skyr, quant à lui, est sorti du labo en 2021. Étant un produit issu de l'écrémage de la crème fraîche, il permet de valoriser 100 % de la matière première. En ce moment, Edwige planche sur les arômes de skyr qui pourraient voir le jour en 2025.

 

Des produits récompensés

Depuis la création de leur gamme de fromages, les Meurgue participent aux concours fromagers locaux et régionaux. Cette année, ils ont participé au concours international de Lyon, le 30 novembre. « C'est plaisant de se confronter à d'autres nations sur des produits similaires aux nôtres. Sacré challenge ! », confie Vincent Meurgue. Leur Brenn'ochon et leur skyr, envoyés par l'intermédiaire de la maison du fromage de Pouligny-Saint-Pierre, ont été respectivement médaillés d'or et d'argent. En revanche, pas de récompense pour leur tomme de Brenne, mais ce n'est que partie remise. « Nous ne pensions pas avoir un tel résultat. C'est valorisant et encourageant pour la suite, d'autant plus que ces produits sont relativement récents au sein de notre gamme », glisse le jeune éleveur, qui ne cache pas son envie de participer au concours lors d'une prochaine édition. 

Même si l'aventure de la transformation a débuté en 2020 et que les challenges sont relevés un à un, l'histoire reste à écrire, avec enthousiasme et mesure. « Nous avons pas mal d'idées que nous gardons sous le coude, avoue Vincent Meurgue. Pour l'heure, on prend le temps de conforter la gamme actuelle. »

 


La ferme  en chiffres 
90 vaches mères.  
24 litres/jour par vache en moyenne. 
650 000 - 700 000 litres/an, dont 250 000 litres transformés, le reste vendu à la laiterie Agrial. 
150 000 yaourts/an et  20 000 camembrenne/an. 
5,5 UTH : Étienne, Edwige, Vincent, Christophe (les associés), Anaïs (la salariée) et Océane (la petite sœur étudiante à Naturapolis) en renfort.


 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 93€
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Aurore Paysanne
Consultez le journal L'Aurore Paysanne au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal L'Aurore Paysanne
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Vous aimerez aussi

Dès le premier jour de vie, les chevrettes sont isolées dans un bâtiment dédié, avec un suivi de prise de colostrum précis et une initiation à l'alimentation à la louve. ©B.R
Élevage de chevrettes : une gestion minutieuse du colostrum

À Diou, Jérémy Chipault porte un soin particulier à ses chevrettes. Garantes de l'avenir du troupeau, aucun poste est à négliger. Témoignage.

©D.R
Jday et Natchav, la liberté de la vie nomade

Jday, plus connu sous le nom Le Nomade du futur sur les réseaux sociaux, arpente la France en vélo-roulotte avec son chien.

Simon Perrin a obtenu son bac S à Naturapolis en 2013. Désormais, il travaille comme chercheur dans un laboratoire de Stockholm. ©S.P
Filière générale : la richesse de l'enseignement

Au lycée agricole Naturapolis, la filière générale scientifique séduit les élèves par la qualité de son enseignement et ses options.

En BTAS ACS'Agri, les étudiants se forment en cours et auprès d'élevages support en caprin et porcin. ©Saint-Cyran
BTSA ACS'Agri : répondre aux besoins du territoire

Depuis 2019, le lycée Saint-Cyran, à Saint-Cyran-du-Jambot, propose un BTS agricole spécialisé sur la conduite des exploitations agricoles.

Après une approche théorique des gestes qui sauvent, les participants se sont exercés au massage cardiaque et ont posé des capteurs du défibrillateur sur des mannequins. ©B.R
Premiers secours : des gestes essentiels

Être prêt à venir en aide lors d’un accident nécessite d’être formé.

Le 21 janvier, la chambre d’agriculture, les quatre syndicats et les services de l’Etat avaient déterminé comment le département pouvait se positionner pour mobiliser le fonds d’urgence. ©D.R
Aide fonds d'urgence : une réponse insuffisante

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a signé le 29 janvier la mise en œuvre d’un fonds d’urgence de 40 millions d’euros à destin

Publicité